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Gouvernance familiale : une affaire humaine

  • Edouard Gueudet - Imperium Trustees SA
  • 2 février 2026
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Dans les familles disposant d’actifs importants, les enjeux ne se limitent pas aux dimensions financières, entrepreneuriales ou juridiques. Ils se situent aussi — et surtout — dans la qualité des relations humaines, la capacité à dialoguer et à construire une vision commune dans la durée. Lorsque ces actifs traversent les générations, ils deviennent un projet collectif autant qu’un ensemble de structures à organiser et à transmettre. C’est dans ce contexte que le concept de gouvernance familiale prend toute sa portée.

Longtemps perçue comme un dispositif réservé à quelques grandes familles très fortunées, la gouvernance familiale s’impose aujourd’hui comme une nécessité stratégique pour un nombre croissant de familles. Elle ne vise pas à formaliser excessivement la sphère privée, mais à sécuriser les équilibres familiaux en proposant un cadre clair et partagé, permettant à chacun de comprendre son rôle, ses responsabilités et les règles du jeu.

Un enjeu universel, au-delà des frontières et des juridictions

Contrairement à une idée répandue, aucune juridiction n’est à l’abri des fragilités liées à l’absence de gouvernance familiale. Que les intérêts familiaux soient organisés en Europe, en Amérique du Nord, en Asie ou au Moyen-Orient, les mêmes dynamiques apparaissent : incompréhensions intergénérationnelles, tensions liées aux rôles respectifs, désaccords sur les décisions patrimoniales ou entrepreneuriales.

Les cadres juridiques et fiscaux diffèrent parfois profondément, mais les études internationales convergent sur un point essentiel : la qualité de la gouvernance et du dialogue pèse bien davantage que l’environnement légal. Les conflits ne sont pas le produit d’un pays ou d’un système donné ; ils trouvent leur origine dans des mécanismes humains largement universels.

La succession : un moment critique partout dans le monde

La transmission des actifs familiaux constitue l’un des moments les plus sensibles dans la vie des familles, quelle que soit leur localisation. Selon le dernier UBS Global Family Office Report, seulement 53 % des familles ont mis en place un plan de succession formel, malgré une prise de conscience croissante. Autrement dit, près d’une famille sur deux aborde encore cette étape décisive sans cadre clairement défini.

Cette absence de structuration accroît fortement le risque de tensions. Les travaux récents du Family Firm Institute montrent que près de 70 % des successions donnent lieu à des conflits importants lorsque la gouvernance et les mécanismes de communication n’ont pas été établis en amont. Ce constat se vérifie de manière constante, indépendamment du contexte géographique ou culturel.

A plus long terme, les conséquences sont tout aussi révélatrices. Comme le souligne le Financial Times, seules 13 % des entreprises familiales survivent au-delà de la troisième génération, la majorité des ruptures étant liées à des facteurs humains — non-dits, rivalités, gouvernance floue — plutôt qu’à des erreurs financières.

Le déficit de communication : une question de structure, non de distance

Il serait réducteur d’expliquer ces difficultés par la seule dispersion géographique des familles. Le déficit de communication n’est pas nécessairement lié à l’éloignement physique. De nombreuses familles vivent dans une grande proximité et rencontrent pourtant des blocages profonds, tandis que d’autres, réparties dans plusieurs pays, parviennent à maintenir un dialogue structuré et apaisé.

Les causes sont avant tout structurelles et culturelles : absence de cadres de discussion formalisés, confusion entre sphère affective et décisions économiques, crainte du conflit ou poids des hiérarchies implicites. Dans ce contexte, la dimension internationale agit moins comme une cause que comme un révélateur de fragilités déjà existantes.

Des moyens concrets pour instaurer un cadre positif et productif

Face à ces constats, il est essentiel de rappeler qu’il existe des moyens éprouvés pour accompagner les familles qui souhaitent améliorer leur communication et instaurer un cadre plus serein. La gouvernance familiale ne repose pas uniquement sur la bonne volonté ; elle peut être soutenue par des dispositifs adaptés, conçus pour favoriser un dialogue structuré, respectueux et orienté vers l’intérêt commun.

Ces dispositifs peuvent prendre différentes formes : accompagnement par des professionnels spécialisés dans la gouvernance familiale, mise en place de conseils ou de forums familiaux, recours à des facilitateurs ou médiateurs pour aborder les sujets sensibles, élaboration de chartes familiales ou de principes partagés, ou encore programmes de formation intergénérationnelle.

L’objectif n’est pas d’uniformiser les points de vue, mais de créer un espace de discussion sécurisé, dans lequel les désaccords peuvent s’exprimer sans mettre en péril les relations ni les intérêts communs. Lorsqu’ils sont bien conçus, ces cadres favorisent une communication plus fluide, un climat plus amical et constructif, et des décisions plus lisibles pour l’ensemble des membres de la famille.

Un enjeu économique global

Ces enjeux dépassent largement la sphère familiale. Les entreprises détenues et contrôlées par des familles représentent une part essentielle de l’économie mondiale, contribuant de manière significative au PIB et à l’emploi dans la majorité des pays. Leur fragilisation par des conflits internes ou une gouvernance défaillante peut entraîner des conséquences durables : perte de continuité stratégique, fragmentation du capital, affaiblissement des organes de décision.

La gouvernance familiale devient ainsi un enjeu de stabilité économique et sociale, bien au-delà de la seule préservation des actifs.

La gouvernance familiale comme cadre commun

Dans un environnement où les structures familiales et patrimoniales sont de plus en plus complexes et intergénérationnelles, la gouvernance familiale joue un rôle central. Elle ne se substitue pas aux outils juridiques ou financiers ; elle les complète en apportant ce qu’ils ne peuvent offrir : un cadre de compréhension partagé.

Elle permet notamment de distinguer clairement les rôles familiaux, patrimoniaux et opérationnels, d’instaurer des espaces de dialogue indépendants des urgences, et de rendre explicites des règles qui, autrement, resteraient implicites et sources de tensions. La communication saine et transparente n’est alors plus un principe abstrait, mais un levier concret de cohérence et de continuité.

Transmettre des actifs, mais aussi un sens

La gouvernance familiale est également un vecteur essentiel de transmission des valeurs. Les études consacrées aux nouvelles générations montrent une attente croissante de clarté, de responsabilité et de sens dans la manière dont les actifs familiaux sont détenus, gérés et transmis.

Lorsque le dialogue est structuré et sincère, les actifs cessent d’être perçus comme un simple héritage matériel. Ils deviennent un projet commun, capable d’évoluer sans se fragmenter.

Dans un monde marqué par la complexité croissante des structures familiales et la diversité des trajectoires individuelles, la gouvernance familiale n’est plus une option. Aucun cadre juridique, aucune structuration technique ne peut durablement compenser l’absence de dialogue et de règles partagées.

Pour autant, cette gouvernance n’est ni hors de portée ni réservée à quelques initiés. Des outils existent pour aider les familles à bâtir un cadre positif, productif et respectueux, fondé sur la communication et la protection d’intérêts communs.

La solidité d’une famille ne se mesure finalement pas à l’ampleur de ses actifs, mais à sa capacité à se parler, se comprendre et se projeter ensemble, avec clarté et confiance, au fil des générations et au-delà des frontières.

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