No Result
Voir tous les résultats
market
  • Finance privée
  • Business
  • Culture & tendances
  • Responsabilité & impact
  • Gouvernance & leadership
  • Talents & recrutement
  • Références & dossiers
chroniques
  • Finance privée
  • Business
  • Culture & tendances
  • Responsabilité & impact
  • Gouvernance & leadership
  • Talents & recrutement
  • Références & dossiers
chroniques
  • Finance privée
  • Business
  • Culture & tendances
  • Responsabilité & impact
  • Gouvernance & leadership
  • Talents & recrutement
  • Références & dossiers

Accueil » Responsabilité & impact » Comment faire entrer le solaire dans le patrimoine?

Architecture

Comment faire entrer le solaire dans le patrimoine?

  • 15 septembre 2026
Comment faire entrer le solaire dans le patrimoine?

Construite il y a 150 ans, Uni Bastions figure parmi les bâtiments les plus emblématiques de l’Université de Genève.

Partager sur LinkedinEnvoyer par Email

À Genève, 360 panneaux photovoltaïques ont été intégrés à la toiture d’Uni Bastions sans modifier la silhouette de ce bâtiment vieux de 150 ans. Au-delà de la performance technique, le chantier pose une question appelée à devenir centrale: comment adapter le patrimoine aux exigences énergétiques contemporaines sans en altérer le caractère?


Installer des panneaux solaires sur un bâtiment récent ne pose généralement pas de difficulté majeure. L’exercice devient autrement plus délicat lorsqu’il s’agit d’intervenir sur l’un des édifices emblématiques de l’Université de Genève, construit il y a 150 ans et inscrit dans le patrimoine architectural genevois.

À Uni Bastions, la transition énergétique devait donc apprendre à se faire discrète. Visible depuis la promenade de la Treille, la toiture ne pouvait accueillir une installation photovoltaïque conventionnelle sans modifier profondément la perception du bâtiment. Il fallait produire de l’électricité, mais sans donner au toit l’apparence d’une centrale solaire.

C’est tout l’intérêt du chantier achevé en avril 2026 par Cerutti Toitures dans le cadre de la rénovation globale conduite par l’État de Genève, à travers l’Office cantonal des bâtiments.

Une installation solaire presque invisible

La toiture accueille désormais 360 panneaux photovoltaïques, répartis sur une surface de 470m². Leur particularité tient moins à leur puissance qu’à leur intégration architecturale.

Les panneaux ont été laminés sur mesure afin de s’adapter au rythme et aux dimensions du toit. Leur teinte, comme celle des éléments en zinc qui les accompagnent, a été choisie pour se rapprocher de la couleur de l’ardoise historique. Corniches, descentes, exutoires et raccords de ferblanterie ont également été repris pour préserver la continuité visuelle de l’ensemble.

Depuis le sol, l’installation est à peine perceptible. Vue du ciel, elle apparaît pourtant dans toute son ampleur : une infrastructure énergétique contemporaine inscrite dans le dessin ancien de la toiture.

L’enjeu n’était donc pas de dissimuler maladroitement la technologie, mais de la soumettre à l’architecture. Une nuance importante, à l’heure où la rénovation énergétique risque parfois de réduire les bâtiments à leurs seules performances thermiques.

Le retour de la «cinquième façade»

Longtemps considérée comme un élément essentiellement fonctionnel, la toiture devient aujourd’hui l’un des principaux terrains de la transition énergétique. Elle protège toujours le bâtiment, mais elle peut désormais produire de l’électricité, contribuer à la régulation thermique ou accueillir de nouveaux dispositifs environnementaux.

Dans le cas d’un édifice historique, cette transformation exige cependant une connaissance fine du bâti. Les métiers traditionnels de la couverture et de la ferblanterie doivent dialoguer avec l’ingénierie photovoltaïque. À Uni Bastions, couvreurs, ferblantiers, spécialistes du solaire et équipes techniques ont ainsi travaillé conjointement afin que les équipements contemporains ne viennent pas rompre l’unité de la toiture.

«Ce chantier illustre ce qui fait notre métier: comprendre un bâtiment avant d’intervenir dessus», explique Emmanuel Bris, directeur de Cerutti Toitures. «Nous avons mobilisé à la fois notre culture du patrimoine, notre expertise toiture et notre maîtrise du photovoltaïque pour que la technologie s’efface derrière l’architecture.»

Fondée à Genève en 1910, l’entreprise familiale emploie aujourd’hui plus de 110 collaborateurs. Cette réalisation lui permet de réunir deux dimensions souvent présentées comme opposées : la transmission de savoir-faire artisanaux anciens et l’intégration de technologies énergétiques nouvelles.

85 000kWh produits chaque année

Avec une puissance installée de 78,864 kWc, l’équipement devrait produire environ 85’000 kWh par an. Selon les estimations communiquées pour le projet, cette production permettra d’éviter près de 18 tonnes de CO₂ chaque année.

Le taux d’autoconsommation annoncé atteint 100 % : l’électricité produite doit donc être utilisée directement par Uni Bastions. Les Services industriels de Genève assurent pour leur part la gestion du réseau et le rachat de l’éventuel courant injecté. Le bureau d’ingénieurs BETELEC a suivi le chantier et contrôlé son exécution.

Les travaux ont débuté le 23 octobre 2025 et se sont achevés par une mise en service le 8 avril 2026. Malgré les contraintes techniques et patrimoniales, le calendrier initial de cinq mois et demi a été respecté.

Le patrimoine comme ressource

L’intérêt du projet dépasse néanmoins ses seuls résultats énergétiques. Uni Bastions illustre une évolution plus large de notre rapport au patrimoine.

Préserver un bâtiment ne signifie plus nécessairement le maintenir à distance des usages contemporains. À l’inverse, le moderniser n’implique pas de faire disparaître ce qui constitue son identité. Entre la conservation figée et la transformation brutale existe une troisième voie: celle de l’adaptation.

Cette question prendra une importance croissante dans les villes européennes, où une part significative du parc immobilier est ancienne, protégée ou située dans des environnements architecturalement sensibles. La transition énergétique ne pourra pas s’y limiter au remplacement des équipements techniques. Elle devra composer avec des matériaux, des proportions, des perspectives urbaines et une mémoire collective.

Articles liés

IA souveraine: pourquoi la puissance de calcul devient une question de raison d’État
Responsabilité & impact
Technologie

IA souveraine: pourquoi la puissance de calcul devient une question de raison d’État

31 juillet 2026
Les jeunes face à la pression financière
Responsabilité & impact
Suisse

Les jeunes face à la pression financière

29 juin 2026
Benoît Heilbrunn: « Aujourd’hui ce qui n’est pas visible est tout simplement disqualifié »
Responsabilité & impact
Influence & société

Benoît Heilbrunn: « Aujourd’hui ce qui n’est pas visible est tout simplement disqualifié »

7 mai 2026

market est un média éco-financier premium (print & online) qui s’impose en Suisse romande comme un espace de réflexion, d’analyse et de mise en relation entre les High Net Worth Individuals (HNWI) et les acteurs qui façonnent la gestion, la structuration et la transmission des patrimoines. S’adressant à plus de 40’000 contribuables privés disposant d’un patrimoine supérieur à CHF 1 million, market dépasse la simple information financière pour proposer un regard stratégique, nourri par l’analyse, le décryptage des enjeux économiques contemporains, mais aussi la parole directe de décideurs, entrepreneurs, investisseurs et prescripteurs d’influence. À la croisée de l’économie réelle, de la finance, du droit, de l’investissement, de le la culture et du lifestyle à forte valeur patrimoniale, market accompagne ses lecteurs dans leurs choix structurants, en privilégiant des contenus à forte valeur ajoutée, concrets, prospectifs et incarnés.

MÉDIAKIT 2026
  • info@market.ch
Tous droits réservés ©ALETHEIA PUBLISHING - 2025
No Result
Voir tous les résultats
  • Finance privée
  • Business
  • Culture & tendances
  • Responsabilité & impact
  • Gouvernance & leadership
  • Talents & recrutement
  • Références & dossiers
chroniques Chronique(s)