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Accueil » Business » «Dans le trading, un chiffre fiable n’est pas simplement un chiffre correctement calculé»

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«Dans le trading, un chiffre fiable n’est pas simplement un chiffre correctement calculé»

  • 21 septembre 2026
«Dans le trading, un chiffre fiable n’est pas simplement un chiffre correctement calculé»

Berenice Morales et Stefano Lazzarino, cofondateurs de SB Fiduciaire.

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À Genève, le négoce évolue dans un environnement marqué par la volatilité des marchés, le renforcement des exigences de conformité et la digitalisation des opérations. La performance ne dépend plus seulement de la capacité à saisir une opportunité commerciale, mais aussi de la maîtrise des risques, de la liquidité et de la qualité de l’information financière. Berenice Morales et Stefano Lazzarino, cofondateurs de SB Fiduciaire, analysent cette transformation d’une fonction finance désormais étroitement liée aux opérations et au pilotage de l’entreprise.


SB Fiduciaire intervient à la croisée de la comptabilité, du middle office et du conseil. À quels besoins spécifiques des sociétés de négoce votre modèle répond-il?

Berenice Morales : Les sociétés de négoce ont une particularité : leur comptabilité ne peut pas être dissociée de leurs opérations. Derrière les chiffres, il y a des contrats physiques, des instruments de couverture, des appels de marge, des flux multidevises, des valorisations de positions et souvent des volumes de transactions importants. Pour produire une information financière fiable, il faut donc comprendre ce qui se passe en amont de la comptabilité.

C’est précisément à ce besoin que répond le modèle de SB Fiduciaire. Nous avons construit une approche qui crée un pont entre le front office, le middle office et la comptabilité. Notre rôle ne consiste pas uniquement à enregistrer les opérations : nous cherchons à comprendre leur logique économique, à réconcilier les positions physiques et dérivées, à contrôler les valorisations et les flux, puis à nous assurer que cette réalité opérationnelle est correctement traduite dans les états financiers.

Dans le négoce, la qualité de la comptabilité et de la conformité commence par la compréhension de la transaction.

Cette compréhension est également essentielle en matière de conformité. Une opération de négoce doit être correctement appréhendée d’un point de vue économique, mais aussi au regard du droit comptable suisse, de la fiscalité, de la TVA et des exigences d’audit et de contrôle interne. C’est particulièrement important pour les sociétés en croissance, qui doivent rapidement mettre en place des processus robustes et un reporting fiable. Notre ambition est donc d’être plus qu’une fiduciaire traditionnelle : une véritable extension de la fonction finance du client. Dans le négoce, la qualité de la comptabilité et de la conformité commence par la compréhension de la transaction.

Pourquoi une entreprise choisit-elle d’externaliser tout ou partie de sa comptabilité de trading ou de son middle office plutôt que de conserver ces fonctions en interne?

Stefano Lazzarino : L’externalisation est parfois perçue comme une simple décision de réduction des coûts. Dans le négoce, l’enjeu est beaucoup plus stratégique : il s’agit avant tout d’accéder immédiatement à des compétences spécialisées, tout en renforçant la fiabilité et la continuité des processus.

La comptabilité de trading et le middle office nécessitent des profils capables de comprendre à la fois les opérations physiques, les dérivés, les valorisations, les flux de trésorerie, les problématiques de change et leur traduction comptable. Ces compétences sont spécifiques, parfois difficiles à recruter et coûteuses à maintenir en interne, notamment pour une société en phase de lancement ou de croissance.

Externaliser ne signifie pas perdre le contrôle : l’entreprise conserve la maîtrise de ses décisions tout en bénéficiant d’une infrastructure financière plus robuste.

Externaliser permet aussi de transformer une structure fixe en une organisation plus flexible. Face à de nouveaux marchés, produits, volumes ou besoins de reporting, un partenaire spécialisé peut adapter les ressources sans que l’entreprise doive reconstruire son organisation à chaque étape.

Il existe enfin un enjeu de contrôle et de gestion du risque opérationnel. L’intervention d’un acteur externe apporte un regard indépendant, renforce le principe des quatre yeux et contribue à une meilleure séparation des tâches entre l’exécution des transactions, leur contrôle, leur comptabilisation et leur paiement. Mais externaliser ne signifie pas perdre le contrôle : l’entreprise conserve la maîtrise de ses décisions tout en bénéficiant d’une infrastructure financière plus robuste.

Genève demeure l’une des principales places mondiales du négoce. Quels changements observez-vous actuellement dans cet écosystème?

Berenice Morales : Genève reste une place extrêmement forte grâce à un écosystème difficile à reproduire : traders, banques, trade finance, assurances, shipping, inspection, cabinets juridiques, fiscalistes et spécialistes financiers sont concentrés dans un même environnement. Le négoce et le commerce de gros occupent d’ailleurs une place majeure dans l’économie genevoise. Mais cet écosystème est clairement en transformation.

Le premier changement est la complexification de l’environnement international. Géopolitique, sanctions, volatilité des prix, évolution des routes commerciales et sécurisation des chaînes d’approvisionnement ont pris une importance considérable. La performance ne dépend donc plus uniquement de la capacité à identifier une opportunité commerciale, mais aussi de la maîtrise des risques qui l’entourent.

Berenice Morales

Le deuxième changement est la montée en puissance de la conformité et de la gouvernance. Les exigences en matière de transparence, de fiscalité, de substance, de contrôle interne et de traçabilité se renforcent. Les banques, les auditeurs, les administrations fiscales et les autres parties prenantes attendent désormais des processus beaucoup plus structurés et une information financière disponible plus rapidement.

Dans cet environnement, Genève conserve une force particulière : la combinaison de l’expertise, de la stabilité et de la confiance.

Troisième évolution : la digitalisation. Les sociétés investissent davantage dans les ERP, les CTRM, l’automatisation des réconciliations et, progressivement, dans l’intelligence artificielle. Mais la technologie ne remplace pas le contrôle. Elle en déplace la valeur : moins de temps consacré à la saisie, davantage à l’analyse, à l’identification des anomalies et à la maîtrise du risque.

Enfin, Genève évolue dans un marché plus international et concurrentiel. Dubaï, Singapour et d’autres hubs développent fortement leurs écosystèmes de trading. Des groupes s’organisent sur plusieurs juridictions, rendant plus stratégiques les questions de substance, de gouvernance, de fiscalité et de répartition des fonctions entre entités. Dans cet environnement, Genève conserve une force particulière : la combinaison de l’expertise, de la stabilité et de la confiance.

La comptabilité du trading reste un métier assez méconnu. En quoi diffère-t-elle de la comptabilité traditionnelle d’une entreprise?

Stefano Lazzarino : La différence fondamentale tient à la nature même de l’activité. Dans une entreprise traditionnelle, la comptabilité repose principalement sur des flux relativement linéaires : achats, ventes, charges, salaires, investissements. Dans le trading, une transaction peut générer simultanément un engagement physique, une position financière, un risque de prix, un risque de change et des flux de trésorerie ou de marge.

Prenons un exemple simple : une société achète aujourd’hui une cargaison qu’elle livrera dans plusieurs semaines et couvre immédiatement son exposition au prix au moyen d’un dérivé. Économiquement, ces deux opérations sont liées. Comptablement, elles peuvent pourtant suivre des traitements et des temporalités différents. Entre la date de conclusion et le dénouement de la transaction, leur valeur évolue avec le marché.

La comptabilité du trading doit transformer des positions de marché complexes en une information financière fiable, compréhensible et contrôlable. 

La comptabilité du trading doit donc être capable de reconstituer cette réalité économique à une date donnée : quelles positions sont ouvertes ? Qu’est-ce qui a été réalisé ou reste latent ? Comment sont valorisés les contrats physiques et les dérivés ? Les couvertures correspondent-elles réellement aux expositions ? Comment expliquer les appels de marge, les mouvements auprès des organismes de compensation ou les écarts de change ?

C’est pourquoi elle est intimement liée au middle office. Il ne suffit pas de disposer d’une facture ou d’un relevé bancaire : il faut rapprocher les contrats, les positions, les confirmations des contreparties, les relevés des courtiers et des organismes de compensation, les inventaires, les flux de trésorerie et la comptabilité. La comptabilité du trading n’est pas simplement l’enregistrement des transactions : elle doit transformer des positions de marché complexes en une information financière fiable, compréhensible et contrôlable.

Une erreur de valorisation, de rapprochement ou de suivi des devises peut avoir des conséquences considérables. Où se situent aujourd’hui les risques les plus fréquemment sous-estimés?

Berenice Morales : Les risques les plus fréquemment sous-estimés sont souvent ceux qui se situent entre les différentes fonctions de l’entreprise : entre le front office et le middle office, entre le système de trading et la comptabilité, ou encore entre la comptabilité et la trésorerie. Une opération peut être correctement enregistrée dans un système et pourtant être incorrectement retranscrite dans un autre.

La valorisation des positions ouvertes constitue un premier point sensible. Une mauvaise donnée de marché, une formule incorrecte, une unité de mesure ou une devise mal paramétrée peuvent avoir un impact significatif sur le résultat. Plus les volumes augmentent, plus une petite erreur méthodologique peut devenir importante.

Une opération peut être correctement enregistrée dans un système et pourtant être incorrectement retranscrite dans un autre.

Les rapprochements représentent un deuxième risque majeur. Il faut pouvoir réconcilier régulièrement les positions internes avec les contrats, les stocks, les contreparties, les courtiers, les organismes de compensation et les banques. Une différence non identifiée peut révéler une simple erreur opérationnelle, mais aussi une position manquante, un mauvais enregistrement ou une exposition qui n’a pas été correctement couverte.

Le risque de change est également parfois sous-estimé. Une société peut négocier dans plusieurs devises, financer ses opérations dans une autre et tenir sa comptabilité dans une troisième. Il devient alors essentiel de distinguer les effets économiques du change, les écarts comptables et les résultats effectivement réalisés. Mais le risque le plus important reste, à mon sens, la qualité et la continuité de la donnée. Beaucoup d’erreurs proviennent d’une rupture dans la chaîne d’information : fichiers Excel parallèles, interfaces entre systèmes, données saisies manuellement ou responsabilités insuffisamment définies. Dans le trading, un chiffre fiable n’est pas simplement un chiffre correctement calculé : c’est un chiffre dont on peut retracer et expliquer l’origine.

La volatilité des matières premières, des taux de change et des coûts de financement a-t-elle modifié les attentes de vos clients?

Stefano Lazzarino : Oui, très clairement. Les sociétés de négoce ne peuvent plus se satisfaire d’une information financière disponible plusieurs semaines après la clôture. Elles ont besoin d’une vision plus rapide et plus précise de leurs positions, de leur liquidité et de leurs expositions.

Lorsque les prix des matières premières évoluent fortement, l’impact ne se limite pas au résultat de trading. Il se répercute également sur les besoins en fonds de roulement, les appels de marge, les lignes de crédit et le coût du financement, avec des conséquences parfois très rapides sur la liquidité disponible. Une activité peut être économiquement profitable tout en générant temporairement une pression considérable sur la trésorerie.

La comptabilité ne doit plus uniquement constater le passé ; elle doit aider le management à piloter le présent.

Les mouvements de change ajoutent une autre dimension. Lorsque les achats, les ventes, les financements et la comptabilité sont libellés dans des devises différentes, il faut comprendre précisément d’où provient le résultat : de la performance commerciale, de l’évolution des prix, du change ou du coût du financement.

Stefano Lazzarino

Nous observons donc une attente croissante pour des clôtures plus rapides, des réconciliations plus fréquentes et un reporting davantage orienté vers l’analyse. La comptabilité ne doit plus uniquement constater le passé ; elle doit fournir au management une information suffisamment fiable et rapide pour l’aider à piloter le présent. L’enjeu est d’aller plus vite sans sacrifier la fiabilité et le contrôle.

Les exigences réglementaires et la complexité croissante des instruments financiers transforment-elles en profondeur les fonctions de contrôle et de middle office?

Berenice Morales : Oui, très clairement. Le middle office n’est plus simplement chargé de vérifier qu’une transaction a été correctement enregistrée. Il devient progressivement un centre de contrôle de la qualité et de la cohérence de l’information au sein de la société de négoce.

Les futures, les forwards, les swaps et les autres instruments de couverture doivent être rapprochés des expositions économiques qu’ils sont censés couvrir. Cela suppose de maîtriser les positions, les valorisations, les échéances, les devises, les appels de marge et les relations avec les courtiers et les organismes de compensation. Plus les instruments et les marchés se complexifient, plus la qualité du contrôle devient déterminante.

Le middle office devient progressivement un centre de contrôle de la qualité et de la cohérence de l’information.

Parallèlement, les exigences en matière de conformité, de fiscalité, de gouvernance, de contrôle interne et de traçabilité se renforcent. Une entreprise doit être capable non seulement de produire un chiffre, mais aussi de démontrer comment il a été obtenu, quelles données ont été utilisées, quels contrôles ont été effectués et qui les a validés.

Le middle office se situe désormais à l’intersection du trading, de la gestion des risques, de la trésorerie, de la comptabilité et de la conformité. La technologie prendra certainement en charge une part croissante des contrôles répétitifs, mais cela ne réduit pas son importance : sa valeur se déplace vers l’analyse des exceptions, la compréhension des risques et le jugement professionnel.

L’intelligence artificielle et l’automatisation peuvent désormais prendre en charge une partie croissante des opérations comptables. Quels usages vous paraissent réellement pertinents et quelles missions doivent encore rester entre les mains de spécialistes?

Stefano Lazzarino : L’intelligence artificielle et l’automatisation représentent une évolution majeure pour notre métier. Nous les considérons avant tout comme des outils permettant d’améliorer la rapidité, la fiabilité et l’efficacité des processus.

Leur potentiel est particulièrement important pour les tâches répétitives et fortement standardisées : traitement et classification des documents, saisie comptable, rapprochements bancaires, détection d’écarts, contrôles de cohérence ou préparation de certains reportings. Dans le trading, où les volumes de données peuvent être considérables, l’automatisation permet aussi d’identifier plus rapidement des anomalies ou des transactions nécessitant une attention particulière.

Mais automatiser une opération ne signifie pas que l’on puisse automatiser entièrement le jugement professionnel. Lorsqu’il faut comprendre la substance économique d’une transaction complexe, déterminer son traitement comptable ou fiscal, analyser une valorisation, interpréter une anomalie ou apprécier un risque, l’expérience et l’expertise humaines restent essentielles. L’IA peut aider à identifier un écart ; le spécialiste doit encore comprendre pourquoi il existe, s’il est réellement anormal et quelles en sont les conséquences.

L’avenir n’opposera pas la technologie à l’expertise humaine : il reposera sur leur complémentarité. 

Le développement de l’IA doit par ailleurs s’accompagner d’un cadre clair de gouvernance et de responsabilité, en particulier lorsque ces technologies interviennent dans des processus financiers ou traitent des données confidentielles. Il faut savoir quelles données sont utilisées, comment elles sont protégées et qui reste responsable de la décision finale.

L’avenir n’opposera donc pas la technologie à l’expertise humaine : il reposera sur leur complémentarité. En automatisant les tâches à faible valeur ajoutée, nous pouvons consacrer plus de temps à l’analyse, au contrôle, à l’anticipation et au conseil. L’enjeu n’est pas de remplacer le spécialiste par l’intelligence artificielle, mais de lui permettre de se concentrer davantage sur les décisions qui nécessitent de l’expérience, du discernement et une véritable compréhension du métier.

SB Fiduciaire revendique une structure à taille humaine et une approche personnalisée. En quoi cette proximité constitue-t-elle un avantage dans des métiers aussi techniques?

Berenice Morales : Dans nos métiers, la proximité n’est pas seulement une question de relation client : c’est un véritable avantage opérationnel.

Le négoce est une activité complexe et chaque société fonctionne différemment. Les produits, les marchés, les systèmes, les processus de contrôle, les modes de financement ou les structures internationales varient considérablement d’un client à l’autre. Pour apporter une réponse pertinente, il faut donc connaître non seulement ses comptes, mais aussi son activité, son organisation et la manière dont ses transactions sont construites.

Dans nos métiers, la proximité n’est pas seulement une question de relation client : c’est un véritable avantage opérationnel. 

Notre structure à taille humaine nous permet d’aller à ce niveau de compréhension. Nos clients ont un accès direct aux personnes qui connaissent leur dossier et disposent de l’expertise nécessaire pour prendre position. Cela réduit les intermédiaires, accélère les échanges et permet d’être plus réactifs lorsqu’une situation complexe ou inhabituelle se présente. En tant que dirigeants, nous restons personnellement impliqués dans les dossiers et dans la qualité du service délivré.

Cette proximité crée aussi de la continuité. Dans des métiers très techniques, comprendre pourquoi un processus a été construit d’une certaine manière, connaître l’historique d’une opération ou identifier rapidement qu’un chiffre est inhabituel peut faire une différence considérable. Être à taille humaine signifie avoir fait le choix d’une organisation agile, spécialisée et directement impliquée auprès de ses clients.

Quelles sont aujourd’hui vos priorités de croissance?

Stefano Lazzarino : Notre priorité est de grandir sans diluer ce qui fait notre identité : accompagner des sociétés de plus en plus complexes tout en conservant la proximité, la réactivité et l’implication directe qui caractérisent SB Fiduciaire.

Notre premier axe de développement reste le négoce de matières premières, où nous souhaitons renforcer notre expertise en comptabilité de trading, middle office, contrôle interne, fiscalité et reporting financier. Notre ambition est d’accompagner nos clients sur une part toujours plus large de leur chaîne financière, depuis la compréhension de la transaction jusqu’aux états financiers et à la conformité.

Notre deuxième priorité concerne les compétences humaines. Nous voulons construire une équipe capable de combiner expertise comptable, compréhension des marchés, maîtrise des outils et capacité d’analyse, tout en partageant notre culture de responsabilité et de service.

Nous avons également à cœur de rendre le métier de la fiduciaire attractif pour les nouvelles générations. Loin de se limiter à la saisie comptable ou aux obligations administratives, il se trouve au croisement de la finance, de la fiscalité, de la technologie, du conseil et, dans notre cas, des marchés de matières premières.

La technologie constitue naturellement un autre axe. Nous voulons poursuivre l’automatisation des tâches répétitives et intégrer intelligemment les nouveaux outils, notamment l’intelligence artificielle, afin de consacrer davantage de temps à l’analyse, au contrôle et au conseil.

La fonction finance n’est plus seulement un centre de coûts : elle devient un créateur de valeur.

Enfin, nous souhaitons accompagner l’internationalisation croissante de nos clients. Notre objectif n’est pas d’être présents physiquement partout, mais de pouvoir suivre depuis Genève des groupes organisés entre plusieurs juridictions et places de marché, en travaillant avec un réseau de spécialistes lorsque cela est nécessaire.

Nous souhaitons aussi faire évoluer la perception de notre métier. Lorsqu’elle apporte une information fiable au bon moment, identifie les risques, améliore les processus, sécurise la conformité et accompagne le management dans ses décisions, la fonction finance n’est plus seulement un centre de coûts : elle devient un créateur de valeur. Notre vision est donc de grandir sans devenir plus distants, de développer nos outils sans perdre le jugement humain et de conserver notre ancrage genevois.


ENGLISH

“In commodity trading, a reliable figure is not simply one that has been calculated correctly”

In Geneva, commodity trading is evolving in an environment shaped by market volatility, tighter compliance requirements and the digitalisation of operations. Performance no longer depends solely on the ability to seize a commercial opportunity, but also on managing risk and liquidity and ensuring the quality of financial information. Berenice Morales and Stefano Lazzarino, co-founders of SB Fiduciaire, discuss the transformation of a finance function that is now closely connected to operations and business management.


market: SB Fiduciaire operates at the intersection of accounting, middle office and advisory services. Which specific needs of commodity trading companies does your model address?

Berenice Morales: Commodity trading companies have one defining characteristic: their accounting cannot be separated from their operations. Behind the figures are physical contracts, hedging instruments, margin calls, multi-currency flows, position valuations and often significant transaction volumes. Producing reliable financial information therefore requires an understanding of what happens upstream of the accounting process.

This is precisely the need that SB Fiduciaire’s model is designed to meet. We have developed an approach that bridges the gap between the front office, middle office and accounting. Our role is not simply to record transactions: we seek to understand their economic rationale, reconcile physical and derivative positions, review valuations and flows, and ensure that this operational reality is properly reflected in the financial statements.

This understanding is also essential from a compliance perspective. A commodity trading transaction must be properly assessed not only in economic terms, but also under Swiss accounting law, tax and VAT rules, and audit and internal control requirements. This is particularly important for growing companies, which need to establish robust processes and reliable reporting quickly. Our ambition is therefore to be more than a traditional fiduciary firm: we aim to act as a genuine extension of the client’s finance function. In commodity trading, the quality of accounting and compliance begins with an understanding of the transaction.

Why would a company choose to outsource all or part of its trading accounting or middle-office operations rather than retain these functions in-house?

Stefano Lazzarino: Outsourcing is sometimes viewed simply as a cost-cutting decision. In commodity trading, the issue is far more strategic: above all, it provides immediate access to specialised expertise while strengthening the reliability and continuity of processes.

Trading accounting and middle-office operations require professionals who understand physical transactions, derivatives, valuations, cash flows, foreign-exchange issues and their accounting implications. These are specialised skills that can be difficult to recruit and costly to maintain in-house, particularly for a company in its launch or growth phase.

Outsourcing also allows a company to replace a fixed structure with a more flexible organisation. When faced with new markets, products, volumes or reporting requirements, a specialist partner can adapt its resources without forcing the company to rebuild its organisation at every stage.

There is also an important operational risk and control dimension. An external provider brings an independent perspective, reinforces the four-eyes principle and supports a clearer segregation of duties between transaction execution, control, accounting and payment. Outsourcing does not, however, mean losing control: the company retains authority over its decisions while benefiting from a more robust financial infrastructure.

Geneva remains one of the world’s leading commodity trading centres. What changes are you currently observing in this ecosystem?

Berenice Morales: Geneva remains an exceptionally strong centre because it has an ecosystem that is difficult to replicate: traders, banks, trade finance specialists, insurers, shipping and inspection companies, law firms, tax advisers and financial experts are all concentrated in the same environment. Commodity trading and wholesale trade also play a major role in Geneva’s economy. But this ecosystem is clearly changing.

The first change is the growing complexity of the international environment. Geopolitics, sanctions, price volatility, shifting trade routes and the security of supply chains have all become increasingly important. Performance therefore no longer depends solely on identifying a commercial opportunity, but also on managing the risks surrounding it.

The second change is the increasing importance of compliance and governance. Requirements relating to transparency, taxation, substance, internal control and traceability are becoming more stringent. Banks, auditors, tax authorities and other stakeholders now expect much more structured processes and more rapidly available financial information.

The third development is digitalisation. Companies are investing more in ERP and CTRM systems, automated reconciliations and, increasingly, artificial intelligence. Technology does not replace control, however. It shifts where the value of control lies: less time spent on data entry and more on analysis, anomaly detection and risk management.

Finally, Geneva is operating in an increasingly international and competitive market. Dubai, Singapore and other hubs are rapidly expanding their trading ecosystems. Groups are organising their activities across several jurisdictions, making questions of substance, governance, taxation and the allocation of functions between entities more strategic. In this environment, Geneva retains a distinctive strength: its combination of expertise, stability and trust.

Trading accounting remains a relatively little-known profession. How does it differ from conventional corporate accounting?

Stefano Lazzarino: The fundamental difference lies in the nature of the business itself. In a conventional company, accounting is mainly based on relatively linear flows: purchases, sales, expenses, salaries and investments. In trading, a single transaction can simultaneously generate a physical commitment, a financial position, price risk, foreign-exchange risk and cash or margin flows.

Take a simple example: a company purchases a cargo today for delivery several weeks later and immediately hedges its price exposure using a derivative. Economically, these two transactions are linked. From an accounting perspective, however, they may be subject to different treatments and timelines. Between the transaction date and settlement, their value moves with the market.

Trading accounting must therefore be able to reconstruct this economic reality at a given date: which positions remain open? What has been realised and what remains unrealised? How are physical contracts and derivatives valued? Do the hedges actually match the exposures? How can margin calls, movements involving clearing organisations or foreign-exchange differences be explained?

This is why trading accounting is closely connected to the middle office. An invoice or bank statement is not enough: contracts, positions, counterparty confirmations, statements from brokers and clearing organisations, inventories, cash flows and accounting records must all be reconciled. Trading accounting is not simply about recording transactions; it must translate complex market positions into financial information that is reliable, intelligible and auditable.

An error in valuation, reconciliation or currency monitoring can have significant consequences. Where do the risks that are most frequently underestimated lie today?

Berenice Morales: The risks most frequently underestimated are often found between the company’s different functions: between the front office and middle office, between the trading system and accounting, or between accounting and treasury. A transaction may be recorded correctly in one system but reflected incorrectly in another.

The valuation of open positions is one key area of sensitivity. Incorrect market data, a flawed formula, or an incorrectly configured unit of measurement or currency can have a significant impact on earnings. As volumes increase, even a minor methodological error can become substantial.

Reconciliations represent a second major risk. Internal positions must be reconciled regularly with contracts, inventories, counterparties, brokers, clearing organisations and banks. An unidentified discrepancy may reveal a simple operational error, but it could also indicate a missing position, an incorrect booking or an exposure that has not been properly hedged.

Foreign-exchange risk is also sometimes underestimated. A company may trade in several currencies, finance its operations in another and keep its accounts in a third. It is therefore essential to distinguish between the economic effects of currency movements, accounting differences and gains or losses that have actually been realised. In my view, however, the most important risk remains the quality and continuity of data. Many errors result from a break in the information chain: parallel Excel files, interfaces between systems, manually entered data or poorly defined responsibilities. In trading, a reliable figure is not simply one that has been calculated correctly: it is one whose origin can be traced and explained.

Has volatility in commodity prices, exchange rates and financing costs changed your clients’ expectations?

Stefano Lazzarino: Yes, very clearly. Commodity trading companies can no longer settle for financial information that becomes available several weeks after the period-end close. They need a faster and more accurate view of their positions, liquidity and exposures.

When commodity prices move sharply, the impact is not limited to trading profit or loss. It also affects working-capital requirements, margin calls, credit facilities and financing costs, sometimes with a very rapid impact on available liquidity. An activity may be economically profitable while temporarily placing considerable pressure on cash flow.

Currency movements add another dimension. When purchases, sales, financing and accounting are denominated in different currencies, it is essential to understand precisely where the result comes from: commercial performance, price movements, foreign exchange or financing costs.

We are therefore seeing growing demand for faster closing cycles, more frequent reconciliations and reporting that is more analytically focused. Accounting must no longer simply record the past; it must provide management with information that is sufficiently reliable and timely to help steer the business in the present. The challenge is to move faster without sacrificing reliability or control.

Are regulatory requirements and the growing complexity of financial instruments fundamentally transforming control and middle-office functions?

Berenice Morales: Yes, very clearly. The middle office is no longer simply responsible for checking that a transaction has been recorded correctly. It is gradually becoming a control centre for the quality and consistency of information within the commodity trading company.

Futures, forwards, swaps and other hedging instruments must be matched with the economic exposures they are intended to cover. This requires control over positions, valuations, maturities, currencies, margin calls and relationships with brokers and clearing organisations. The more complex the instruments and markets become, the more decisive the quality of control is.

At the same time, requirements relating to compliance, taxation, governance, internal control and traceability are becoming more stringent. A company must be able not only to produce a figure, but also to demonstrate how it was obtained, which data were used, which controls were performed and who approved them.

The middle office now sits at the intersection of trading, risk management, treasury, accounting and compliance. Technology will undoubtedly take over a growing share of repetitive controls, but this does not reduce the importance of the middle office: its value is shifting towards exception analysis, an understanding of risk and professional judgement.

Artificial intelligence and automation can now handle a growing share of accounting operations. Which applications do you consider genuinely useful, and which tasks must remain in the hands of specialists?

Stefano Lazzarino: Artificial intelligence and automation represent a major development for our profession. We primarily see them as tools for improving the speed, reliability and efficiency of processes.

Their potential is particularly significant for repetitive and highly standardised tasks: processing and classifying documents, entering accounting data, performing bank reconciliations, detecting discrepancies, carrying out consistency checks or preparing certain reports. In trading, where data volumes can be considerable, automation can also identify anomalies or transactions requiring particular attention more quickly.

Automating an operation does not, however, mean that professional judgement can be fully automated. When it is necessary to understand the economic substance of a complex transaction, determine its accounting or tax treatment, analyse a valuation, interpret an anomaly or assess a risk, human experience and expertise remain essential. AI may help identify a discrepancy; a specialist must still understand why it exists, whether it is genuinely abnormal and what its consequences are.

The development of AI must also be accompanied by a clear framework for governance and accountability, particularly when these technologies are used in financial processes or handle confidential data. It is essential to know which data are being used, how they are protected and who remains responsible for the final decision.

The future will therefore not pit technology against human expertise; it will depend on their complementarity. By automating low-value tasks, we can devote more time to analysis, control, anticipation and advice. The objective is not to replace the specialist with artificial intelligence, but to enable specialists to focus more closely on decisions that require experience, judgement and a genuine understanding of the business.

SB Fiduciaire emphasises its human-scale structure and personalised approach. Why is this proximity an advantage in such technical professions?

Berenice Morales: In our professions, proximity is not simply a matter of client relationships: it is a genuine operational advantage.

Commodity trading is a complex business, and every company operates differently. Products, markets, systems, control processes, financing methods and international structures vary considerably from one client to another. Providing a relevant response therefore requires knowledge not only of the client’s accounts, but also of its business, organisation and the way its transactions are structured.

Our human-scale structure allows us to achieve this level of understanding. Our clients have direct access to the people who know their files and have the expertise required to take a position. This reduces the number of intermediaries, speeds up communication and allows us to respond more quickly when a complex or unusual situation arises. As managing partners, we remain personally involved in the files and in the quality of the service delivered.

This proximity also creates continuity. In highly technical professions, understanding why a process was designed in a particular way, knowing the history of a transaction or quickly recognising that a figure is unusual can make a considerable difference. Being human-scale means choosing an organisation that is agile, specialised and directly involved with its clients.

What are your current growth priorities?

Stefano Lazzarino: Our priority is to grow without diluting what defines us: supporting increasingly complex companies while preserving the proximity, responsiveness and direct involvement that characterise SB Fiduciaire.

Our first area of development remains commodity trading, where we want to strengthen our expertise in trading accounting, middle office, internal control, taxation and financial reporting. Our ambition is to support our clients across an increasingly broad part of their financial chain, from understanding the transaction through to the financial statements and compliance.

Our second priority is people. We want to build a team capable of combining accounting expertise, an understanding of markets, technical proficiency and analytical ability, while sharing our culture of responsibility and service.

We are also committed to making the fiduciary profession attractive to younger generations. Far from being limited to bookkeeping or administrative obligations, it sits at the intersection of finance, taxation, technology, advisory services and, in our case, commodity markets.

Technology is naturally another area of focus. We want to continue automating repetitive tasks and make intelligent use of new tools, particularly artificial intelligence, so that we can devote more time to analysis, control and advice.

Finally, we want to support the increasing internationalisation of our clients. Our objective is not to have a physical presence everywhere, but to support from Geneva groups organised across several jurisdictions and trading centres, working with a network of specialists whenever necessary.

We also want to change how our profession is perceived. When the finance function provides reliable information at the right time, identifies risks, improves processes, strengthens compliance and supports management decisions, it is no longer merely a cost centre: it becomes a source of value creation. Our vision is therefore to grow without becoming more distant, to develop our tools without losing human judgement and to preserve our roots in Geneva.

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3 septembre 2026

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