No Result
Voir tous les résultats
market
  • Finance privée
  • Business
  • Culture & tendances
  • Responsabilité & impact
  • Gouvernance & leadership
  • Talents & recrutement
  • Références & dossiers
chroniques
  • Finance privée
  • Business
  • Culture & tendances
  • Responsabilité & impact
  • Gouvernance & leadership
  • Talents & recrutement
  • Références & dossiers
chroniques
  • Finance privée
  • Business
  • Culture & tendances
  • Responsabilité & impact
  • Gouvernance & leadership
  • Talents & recrutement
  • Références & dossiers

Accueil » Culture & tendances » « Collectionner, c’est avant tout un dialogue personnel avec l’art » – Entretien avec Charlotte Diwan, Directrice d’Art Genève

Interview

« Collectionner, c’est avant tout un dialogue personnel avec l’art » – Entretien avec Charlotte Diwan, Directrice d’Art Genève

  • 16 janvier 2026
« Collectionner, c’est avant tout un dialogue personnel avec l’art » – Entretien avec Charlotte Diwan, Directrice d’Art Genève
Partager sur LinkedinEnvoyer par Email

À la tête d’Art Genève depuis 2024, Charlotte Diwan incarne une nouvelle génération de dirigeantes dans le monde de l’art contemporain. Genevoise de naissance et forte d’un parcours international, elle défend une vision exigeante et innovante des foires d’art. Dans un marché en mutation, elle souhaite positionner le salon comme une plateforme qualitative, fidèle à son ancrage suisse tout en affirmant son rayonnement international.


Vous avez pris la direction d’Art Genève à un moment finalement charnière pour le marché de l’art. Comment définiriez-vous votre mission et votre vision pour le salon ? 

Il est vrai que le marché connaît un ralentissement depuis plus d’un an, et nous ressentons l’inquiétude des galeries face à l’incertitude ambiante et à l’augmentation des charges. Les foires d’art, bien qu’essentielles pour elles, représentent un coût important. Dans ce contexte, il est nécessaire de repenser notre modèle et de nous assurer que notre plateforme serve au mieux les intérêts de nos exposants, tout en restant actuelle et tournée vers l’innovation. Il faut maintenir plus que jamais un haut niveau d’attractivité. Dès 2024, nous avons ainsi réduit le nombre d’exposants, garantissant à chacun une meilleure visibilité. Cela permet aussi de fidéliser des galeries internationales de premier plan, essentielles pour l’image et le développement d’Art Genève.

Ma mission est claire : offrir une plateforme qualitative qui favorise de véritables échanges entre collectionneurs avertis, institutions et professionnels du marché. La pluralité doit y être représentée — artistes établis, émergents, galeries internationales et suisses. L’exigence de qualité prime, et c’est ce qui permet aux affaires de se développer. 

Quelles ont été vos premières impressions en arrivant dans l’écosystème artistique genevois ? 

À mon arrivée, j’ai d’abord pris en charge le programme hors-les-murs, les partenariats et les relations VIP, ce qui m’a permis de rencontrer très rapidement une grande partie de la scène locale. Genève étant un milieu relativement restreint, les contacts et collaborations s’y tissent avec facilité. À mes yeux, il est essentiel qu’ArtGenève soit solidement ancré comme plateforme suisse et que les Genevois se sentent proches de notre organisation, même si le salon reste résolument tourné vers l’international. Un événement ne peut, selon moi, rencontrer le succès s’il ne bénéficie pas d’un fort soutien local.

Comment percevez-vous l’état du marché de l’art ?

En 2025, le marché de l’art a poursuivit son recul, après deux années consécutives de baisse d’environ 10 % en valeur. Cette contraction touche particulièrement le segment haut de gamme et les ventes aux enchères du second marché, traditionnellement très spéculatives, où le ralentissement est le plus marqué. Malgré cette baisse, le volume des transactions augmente. Les collectionneurs prennent moins de risques et privilégient les valeurs sûres. Les œuvres à prix plus accessibles — inférieurs à 50 000 USD — connaissent une hausse des transactions. Le marché se réajuste : le haut de gamme est freiné, tandis que les segments intermédiaires restent dynamiques.

La scène internationale oscille entre concentration autour de grands noms et émergence de nouveaux territoires artistiques. Où se situe Genève dans ce paysage ? 

Les artistes présentés sur le salon vont des grands noms du XXe siècle aux talents émergents. Les pratiques artistiques représentées sont variées, ce qui confère à Genève un format diversifié. La présence importante d’exposants institutionnels permet de compléter cette diversité, en illustrant, au-delà du cadre commercial, la production artistique dans sa globalité. 

Quel rôle les foires comme ArtGenève peuvent-elles jouer dans un marché en mutation ? 

Elles doivent adapter leur format et maintenir une attractivité forte pour les galeries. En offrant une plateforme de qualité où les rencontres sont facilitées, une foire devient avant tout un lieu de connexions humaines et professionnelles, favorisant la découverte d’œuvres et le développement de relations durables entre galeries et collectionneurs. Nous avons la chance de pouvoir compter sur un vivier de collectionneurs locaux très actifs, et le potentiel pour élargir cette base reste considérable.

Comment concilier la programmation d’artistes établis et la découverte de nouvelles voix ? 

À Art Genève, nous réunissons sur une même plateforme des artistes majeurs du XXe et du XXIe siècle, ainsi que de nombreux artistes émergents. Cette diversité se reflète aussi dans la gamme de prix proposée par les galeries, offrant ainsi un panorama complet du marché. Un élément clé de notre identité réside dans la présence de galeries de taille intermédiaire, représentant des artistes de grande qualité mais en dehors du marché spéculatif. Ce segment est particulièrement résilient en période d’incertitude et contribue à la stabilité du marché. Ces galeries permettent de mettre en avant la nouveauté, renforçant ainsi la diversité et la richesse des propositions du salon. La cohabitation de profils variés — grands noms, émergents, intermédiaires — est naturelle dès lors que le critère principal reste la qualité. 

Quels artistes suisses contemporains méritent, selon vous, une attention accrue ? 

Je citerais l’artiste Sarah Benslimane, Française, Algérienne et Suisse, lauréate du Prix Culturel Manor 2025, qui ouvrira prochainement une exposition au Palais de l’Athénée, présentée par la Société des Arts et le MAMCO. Parmi les artistes contemporains à suivre, on peut également mentionner Tina Braegger et Urban Zellweger, figures montantes de la scène suisse alémanique. La Suisse est souvent vue comme un pays de collectionneurs et d’institutions puissantes. 

Pensez-vous que la scène locale bénéficie suffisamment de visibilité internationale ? 

La Suisse est effectivement l’un des pays les plus riches au monde en termes d’institutions et de collectionneurs, mais aussi en talents émergents. En tant que foire suisse, nous bénéficions de cet écosystème exceptionnel et sommes fiers d’accueillir chaque année de nombreuses fondations, institutions et collections qui offrent une visibilité à ce panorama unique. La Suisse réunit tous les ingrédients nécessaires : institutions de qualité, soutien public et privé, position géographique centrale et marché solide. Un terreau fertile pour faire émerger des artistes de premier plan et leur donner une visibilité internationale. 

Genève a une image très internationale — diplomatie, finance, luxe. Mais a-t-elle aussi une dimension artistique ? 

Absolument. Genève est une ville profondément culturelle et multidisciplinaire. Au-delà des arts visuels, elle est une place forte pour la musique, la danse, l’opéra et désormais le cinéma avec la prochaine ouverture de la Fondation Plaza. Les galeries y sont de grande qualité, même si le paysage reste moins dense qu’à Zurich. Nous avons aussi la chance d’abriter le MAMCO, un musée d’art contemporain reconnu et pointu. Pensez-vous que Genève pourrait devenir un hub plus affirmé pour le marché de l’art, à l’instar de Bâle ou Paris ? Je pense que Genève peut prendre de l’importance comme place forte du marché dans les années à venir. 

À quoi ressemblera Art Genève dans cinq ans si vous réalisez vos objectifs ? 

Un salon toujours plus qualitatif et innovant, qui continue d’attirer les grandes galeries internationales tout en mettant en avant les tendances contemporaines de toutes disciplines et les scènes locales. Un rendez-vous fédérateur, positionnant Genève comme une place incontournable du marché et de la création. Quels messages aimeriez-vous transmettre aux jeunes collectionneurs ? Je leur dirais d’oser demander conseil, mais aussi de se laisser guider par leur regard et leur sensibilité plutôt que par les tendances. Collectionner, c’est avant tout un dialogue personnel avec l’art. 


Une passion pour le rayonnement de l’art – À propos de Charlotte Diwan

Née à Genève, Charlotte Diwan s’oriente d’abord vers les relations internationales à Londres avant de poursuivre un master en management international des arts entre Montréal et Milan. Elle débute sa carrière chez Blondeau & Cie à Genève, puis rejoint la galerie Hauser & Wirth à Londres. En 2017, elle intègre l’équipe d’Art Genève et participe activement au développement du salon ainsi qu’à celui d’Art Monte-Carlo. Forte de cette expérience, elle en prend la direction il y a un peu plus de deux ans.

Plus d'articles

CBRE Switzerland publie les chiffres du deuxième trimestre 2025 sur l’offre de bureaux en Suisse.

CBRE Switzerland publie les chiffres du deuxième trimestre 2025 sur l’offre de bureaux en Suisse.

17 septembre 2025
« Le sens ne se donne pas, il se construit » : pour une nouvelle grammaire du leadership selon Philippe Silberzahn 
Entretien

« Le sens ne se donne pas, il se construit » : pour une nouvelle grammaire du leadership selon Philippe Silberzahn 

27 novembre 2025
Glion Institut de Hautes Études reçoit la prestigieuse accréditation suisse deHaute école spécialisée (HES)

Glion Institut de Hautes Études reçoit la prestigieuse accréditation suisse deHaute école spécialisée (HES)

5 août 2025
Eric Rosset nommé nouveau responsable de la succursale Julius Baer à Verbier
Nomination

Eric Rosset nommé nouveau responsable de la succursale Julius Baer à Verbier

19 janvier 2026

Articles liés

Man of the Hour, une nouvelle série sur l’horlogerie
Culture & tendances
TV

Man of the Hour, une nouvelle série sur l’horlogerie

7 janvier 2026
Arnulf Rainer, un regard construit contre l’image
Culture & tendances
Marché de l'art

Arnulf Rainer, un regard construit contre l’image

23 décembre 2025
Le record Klimt à 236,4 M$ – ce qu’il dit du marché de l’art
Culture & tendances
marché de l’art

Le record Klimt à 236,4 M$ – ce qu’il dit du marché de l’art

20 novembre 2025

market est un média éco-financier premium (print & online) qui s’impose en Suisse romande comme un espace de réflexion, d’analyse et de mise en relation entre les High Net Worth Individuals (HNWI) et les acteurs qui façonnent la gestion, la structuration et la transmission des patrimoines. S’adressant à plus de 40 000 contribuables privés disposant d’un patrimoine supérieur à CHF 1 million, market dépasse la simple information financière pour proposer un regard stratégique, nourri par l’analyse, le décryptage des enjeux économiques contemporains, mais aussi la parole directe de décideurs, entrepreneurs, investisseurs et prescripteurs d’influence. À la croisée de l’économie réelle, de la finance, du droit, de l’investissement, de le la culture et du lifestyle à forte valeur patrimoniale, market accompagne ses lecteurs dans leurs choix structurants, en privilégiant des contenus à forte valeur ajoutée, concrets, prospectifs et incarnés.

  • info@market.ch
Tous droits réservés ©ALETHEIA PUBLISHING - 2025
No Result
Voir tous les résultats
  • Finance privée
  • Business
  • Culture & tendances
  • Responsabilité & impact
  • Gouvernance & leadership
  • Talents & recrutement
  • Références & dossiers
chroniques Chronique(s)