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Accueil » Finance privée » Des perspectives stables aux États-Unis et en Europe

Analyse

Des perspectives stables aux États-Unis et en Europe

  • 06 février 2026
Des perspectives stables aux États-Unis et en Europe

Auteur: Samy Chaar, Chef économiste, CIO Suisse, Banque Lombard Odier & Cie SA.

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En ce début d’année 2026, la conjoncture mondiale paraît plus porteuse qu’initialement prévu. La croissance des principales économies, des États-Unis à l’Europe en passant par la Chine, a dépassé nos attentes en 2025. Les enquêtes prospectives indiquent également une expansion. Malgré les effets persistants des tarifs douaniers américains sur la consommation et le commerce, la croissance mondiale devrait rester proche de son potentiel et globalement stable comparativement aux niveaux de 2025.

Points clés

  • La dynamique conjoncturelle plus robuste que prévu en 2025 nous amène à anticiper une croissance mondiale et américaine proche de son potentiel en 2026, et globalement stable comparativement à 2025. Nous relevons nos prévisions de croissance annuelle pour les États-Unis et la zone euro à respectivement 2,2% et 1,5%
  • Malgré les contraintes tarifaires, ainsi que les risques géopolitiques mondiaux et ceux liés à la politique américaine, la résilience du secteur privé, l’assouplissement de la politique monétaire et les mesures de relance budgétaire continuent à soutenir les conditions macroéconomiques 
  • En Suisse, nous tablons sur une croissance stable à 1,2% en 2026, et prévoyons que la Banque nationale suisse préférera intervenir afin de contenir l’appréciation du franc suisse plutôt que recourir à des taux d’intérêt négatifs
  • En Chine, le soutien budgétaire et les investissements infrastructurels contribueront à stabiliser la croissance autour de 4,3% en 2026, en dépit des pressions commerciales et de la faiblesse de la demande intérieure.

Les économies américaine, européenne et, dans une moindre mesure, helvétique, ont toutes affiché en 2025 des performances supérieures à nos attentes. Partant, pour cette année 2026, nous avons relevé nos projections de croissance pour les États-Unis et la zone euro, les portant respectivement à 2,2% et 1,5%. Éléments importants : le secteur privé demeure solide, nous anticipons une reprise de la baisse des taux d’intérêt par la Réserve fédérale américaine au second semestre 2026, et la Banque centrale européenne a déjà ramené son taux directeur à un niveau neutre. Par ailleurs, une légère impulsion budgétaire est perceptible aux États-Unis et une impulsion plus marquée se fait sentir en Allemagne, première économie européenne.

Notre perspective pour l’économie américaine en 2026 a donc évolué d’un scénario de ralentissement vers celui d’une croissance plus stable. Les États-Unis ont fait preuve de résilience en 2025, les droits de douane ayant eu un impact moins préjudiciable qu’initialement redouté, grâce à une série d’exemptions et d’accords qui ont permis de réduire les tarifs appliqués. Si la Cour suprême devait confirmer l’illégalité de certains droits de douane, leur impact se réduirait encore, même si la plupart de ces tarifs pourraient être réintroduits par le biais d’autres textes législatifs. Le marché américain de l’emploi continue certes à ralentir, mais nous n’observons aucun signe de récession. En janvier, les données relatives aux cartes de crédit font état d’une saine croissance de la consommation, et le soutien budgétaire devrait fournir un soutien modéré à la demande intérieure. Pour autant, compte tenu de la situation actuelle du marché de l’emploi, à savoir une absence à la fois de recrutements et de licenciements, nous n’anticipons pas de flambée de la consommation telle qu’elle a pu être observée précédemment, portée par les gains sur les marchés financiers.

Pour ces raisons, nous prévoyons une stabilisation plutôt qu’une accélération de la croissance américaine. L’inflation, hors biens soumis aux droits de douane, continuant à refluer, nous tablons toujours sur trois réductions des taux d’intérêt par la Fed au cours du second semestre. Sur l’ensemble de l’année, nous anticipons une inflation moyenne de 2,5% pour l’économie américaine.

Dans la zone euro, nos perspectives économiques reflètent une croissance plus robuste que prévu, un taux de chômage historiquement bas et une confiance accrue des entreprises. Dans l’ensemble, ces facteurs maintiendront la croissance de la région légèrement au-dessus de son potentiel. Ces tendances sont soutenues par le niveau neutre du taux directeur de la Banque centrale européenne – après 200 points de base de baisses cumulées – et par les mesures de relance budgétaire allemandes, qui créent une dynamique significative déjà visible dans les dépenses de défense et d’infrastructures.

La Suisse a réussi à éviter le scénario le plus néfaste de droits de douane durablement élevés et, cette année, sa croissance sera proche de celle de 2025, à 1,2%. Le pays est désormais confronté aux défis posés par une monnaie forte – bien que son taux de change contre euro soit plus déterminant que contre dollar – et par son impact sur l’inflation, que nous projetons désormais à 0,5% en moyenne. De notre point de vue, seul un événement extrême pourrait contraindre la Banque nationale suisse à abaisser ses taux d’intérêt en territoire négatif ; la BNS privilégiera plutôt des interventions sur le marché des changes pour contenir l’appréciation du franc suisse.

Nous prévoyons que la Chine déploiera du soutien budgétaire afin d’instaurer une stabilité de court terme et avons récemment relevé nos prévisions de croissance pour 2026 à 4,3%. La demande intérieure est restée faible durant le second semestre 2025, mais la rencontre prévue entre les présidents Trump et Xi Jinping en avril, ainsi qu’une légère appréciation du yuan, contribueront  à préserver la balance extérieure du pays et limiter les tensions commerciales futures. En dépit des barrières américaines, les exportations ont affiché des performances exceptionnelles l’an dernier, même si elles devraient ralentir en 2026. 

Les collectivités locales devraient commencer à investir les fonds accumulés via leurs émissions obligataires dans des projets infrastructurels, ce qui favorisera une reprise de l’activité économique. L’aval des États-Unis sur les exportations de semi-conducteurs freine les ambitions de la Chine en matière d’autosuffisance, mais est de bon augure pour le déploiement de l’IA, y compris les investissements dans les centres de données. L’inflation devrait légèrement augmenter et nous prévoyons que la banque centrale assouplira à nouveau sa politique monétaire, tout en s’abstenant de mesures qui exerceraient une pression sur la monnaie.

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