Entre la fin des études et l’entrée dans le monde professionnel, il existe souvent une zone d’incertitude. Comment comprendre réellement un secteur? Comment identifier les métiers qui correspondent à ses aspirations? Et surtout, comment réussir à se projeter avec crédibilité dans un environnement aussi exigeant que celui de la banque? Avec sa Summer School, l’ISFB entend précisément répondre à ces questions à travers un programme intensif mêlant immersion, rencontres terrain, hackathon et préparation concrète aux processus de recrutement.
Regards croisés avec Christophe Nicod, Responsable Formation continue à l’ISFB, Stéphane Bonzon, psychologue conseiller en orientation au sein de l’équipe Développement de carrière, et Evelyne Rechenmann, responsable du pôle Développement de carrière.
Aujourd’hui, beaucoup de jeunes diplômés peinent à se projeter dans le secteur bancaire. Pourquoi ?
Christophe Nicod: Parce que la banque reste souvent perçue à travers des représentations partielles, parfois même romancées. Beaucoup de jeunes connaissent le secteur de loin, mais ignorent la diversité réelle des métiers, des environnements de travail ou des parcours possibles. Notre objectif avec la Summer School est justement de transformer cette vision abstraite en compréhension concrète.
Nous voulons montrer que la banque ne se limite pas à quelques fonctions traditionnelles. C’est un univers qui évolue rapidement, où coexistent des métiers liés à la finance, bien sûr, mais aussi à la technologie, à la conformité, à la gestion du risque, à la relation client ou encore à la durabilité.

La transition entre les études et le premier emploi semble devenue plus complexe qu’auparavant…
Evelyne Rechenmann: Oui, clairement. Les compétences académiques restent indispensables, mais elles ne suffisent plus à elles seules. Aujourd’hui, les employeurs attendent également une capacité à comprendre les codes professionnels, à se positionner, à communiquer clairement sur son projet et à démontrer une forme de maturité professionnelle.
Beaucoup de jeunes diplômés possèdent un excellent bagage théorique, mais peinent encore à valoriser leurs compétences de façon claire et adaptée aux attentes des recruteurs. C’est précisément là qu’un accompagnement pertinent peut faire la différence.
La Summer School ISFB se présente comme une passerelle entre le monde académique et le monde professionnel. Concrètement, qu’apporte-t-elle ?
Christophe Nicod: Le programme a été pensé comme une immersion. Pendant dix jours, les participants alternent entre formation, études de cas, hackathon, rencontres avec des professionnels, visite de banque et simulations d’entretiens RH. L’idée n’est pas de transmettre des contenus théoriques sur la finance, mais de la vivre au travers du regard de professionnels.
Nous voulons surtout offrir aux participants un pont entre les acquis de leurs parcours académiques pour les relier à des situations réelles et aux attentes du marché. Cette dimension appliquée est essentielle. Elle aide les jeunes talents à comprendre ce qui est attendu d’eux et à commencer à construire une posture professionnelle crédible.
Justement, la question de la posture semble centrale aujourd’hui…
Stéphane Bonzon : Absolument. Dans un contexte professionnel marqué par l’incertitude et la transformation permanente, l’enjeu n’est plus seulement de choisir “le bon métier”. Il s’agit plutôt d’apprendre à construire son propre cheminement et à lui donner du sens. L’aspect narratif y est central et sert à construire une histoire de soi qui facilite les liens entre passé, présent et futur.
Dans ce contexte, l’accompagnement en orientation ne consiste pas à fournir une solution toute faite mais plutôt à aider la personne à s’aider elle-même en tenant un espace où elle pourra clarifier ses ressources et ses motivations, sans nier les contraintes, et prendre la responsabilité d’être l’auteur de sa trajectoire. Pour de jeunes diplômés, c’est particulièrement important. Ils sont appelés à transformer un parcours académique en projet professionnel lisible et cohérent.
La Summer School peut-elle réellement faciliter l’accès à un premier emploi?
Evelyne Rechenmann: Il n’existe pas de formule magique. La Summer School ne remplace ni l’effort personnel ni les exigences de recrutement des employeurs. En revanche, elle permet souvent d’accélérer une prise de conscience et de gagner en confiance et lucidité. Les participants comprennent mieux le secteur auquel ils se destinent, identifient plus précisément leurs intérêts et améliorent leur manière de se présenter. Ils repartent aussi avec quelque chose de très précieux: un premier réseau professionnel et une compréhension beaucoup plus concrète des attentes du marché.

Le contact direct avec les professionnels semble être un élément fort du programme…
Christophe Nicod: Oui, c’est même l’un des grands atouts de cette Summer School. Les participants échangent avec des experts en activité au sein des banques membres de l’ISFB ainsi qu’avec des spécialistes RH du secteur bancaire. Cela change tout, parce qu’on sort immédiatement du discours théorique. Les jeunes peuvent poser leurs questions, confronter leurs idées à la réalité du terrain et mieux comprendre les dynamiques actuelles du recrutement bancaire.
Que recherchent aujourd’hui les recruteurs dans la banque ?
Evelyne Rechenmann: Les compétences techniques restent importantes, évidemment. Mais les recruteurs accordent aussi beaucoup d’attention à la capacité d’adaptation et d’apprentissage, à la curiosité, à l’intelligence relationnelle et à la cohérence du projet professionnel. Ils cherchent des candidats capables d’expliquer pourquoi ils souhaitent rejoindre ce secteur et ce qu’ils peuvent y apporter.
Finalement, quel est le véritable objectif de cette Summer School
Stéphane Bonzon: Donner des repères. Aider les jeunes à gagner en confiance et à mieux comprendre l’environnement dans lequel ils souhaitent évoluer. Dans une période où beaucoup de diplômés ressentent une forte pression au moment d’entrer sur le marché du travail, offrir un espace d’expérimentation, de réflexion et de confrontation au réel devient extrêmement précieux.

Un dernier mot ?
Christophe Nicod: L’entrée dans la vie professionnelle est une étape décisive. Nous avons conçu cette Summer School pour qu’elle soit à la fois exigeante, concrète et utile. Notre ambition est simple : permettre aux jeunes talents de mieux comprendre la banque d’aujourd’hui et de se projeter avec davantage de clarté et de confiance.








