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Le temps du voyage

  • Boris Sakowitsch
  • 8 août 2025
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Voyager est devenu une affaire de planning et de check-list. Une suite d’actions à réaliser et à cocher : on “fait” un musée, on “fait” une ville, on “fait” un pays… “Allez c’est décidé : l’année prochaine on fait le Japon avec les enfants !”

L’important n’est plus de s’imprégner de l’ambiance et des coutumes d’un lieu, mais de collecter et d’accumuler les preuves de son passage. C’est l’usage juridique et scolaire du voyage, dans lequel les réseaux sociaux jouent un rôle central : chaque étape doit être photographiée, archivée, partagée. Le voyage se transforme ainsi en contenu, le souvenir en donnée… et tout cela est soumis au regard des autres par des algorithmes. Désormais voyager, c’est se conformer à des clichés, à des passages obligés. On ne vit plus, on ne désire plus le voyage, on le produit en même temps qu’on le consomme. “Voir, c’est désobéir”, disait Robert Doisneau. Voir, c’est refuser cette logique du faire à tout prix et de ses mises en scène. C’est accepter de se perdre dans une rue sans intérêt apparent, de s’arrêter sur une façade défraîchie, de prêter attention à un geste ou à une parole. Autant de moments et d’impressions impossibles à traduire dans des posts, mais qui restent pourtant fixés dans la mémoire. Le “faire” rassure : il donne l’impression d’avancer, de cocher des cases, d’en avoir pour son argent. Mais il uniformise les expériences : les mêmes photos prises sous les mêmes angles, les mêmes itinéraires dictés par les guides ou piqués chez les autres.

“Voir, c’est désobéir” (Robert Doisneau)

Le “voir”, au contraire, n’offre finalement rien de tangible à montrer – mais tout à vivre. Voyager autrement, ce n’est pas renoncer aux monuments ni aux visites. C’est simplement changer de priorité : moins chercher à “faire” que prendre le temps de “voir”. Les vrais souvenirs ne se stockent pas en ligne, ils se gardent dans la tête. Le voyage n’est pas seulement un déplacement. Il se confronte à cette fragilité du temps : l’instant passe, le paysage s’efface, et pourtant, quelque chose reste. Ce “presque-rien”, ce détail infime et anodin qui devient une source de mémoire et parfois même de révélation. Le voyage est toujours une forme d’exil, puisque chaque instant vécu est déjà perdu au moment même où il se donne. C’est peut-être là, dans cette perte, que réside le véritable sens de voyager. Comme le rappelait Vladimir Jankélévitch, il confronte à l’irréversible et à la nostalgie, chaque instant vécu est déjà passé, chaque lieu traversé est perdu au moment même où on l’expérimente. Non plus faire pour accumuler, mais voir pour se souvenir, et enfin, se retrouver ?

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