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Influence & société

Benoît Heilbrunn: « Aujourd’hui ce qui n’est pas visible est tout simplement disqualifié »

  • 07 mai 2026
Benoît Heilbrunn: « Aujourd’hui ce qui n’est pas visible est tout simplement disqualifié »

Benoît Heilbrunn

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Dans des sociétés saturées d’images, de signes et de sollicitations permanentes, la reconnaissance est devenue l’un des moteurs invisibles de nos existences. Être vu, validé, exposé semble désormais conditionner jusqu’à notre manière d’exister socialement. Derrière l’économie de l’attention et l’omniprésence des réseaux sociaux se dessine une transformation plus profonde : celle d’un monde où l’individu est sommé de se mettre en scène, d’optimiser sa visibilité et de convertir sa propre existence en valeur circulante.

À l’occasion de la sortie de son ouvrage Le poison de la reconnaissance, Benoît Heilbrunn – philosophe, spécialiste des marques, professeur à l’ESCP Business School et codirecteur de l’Observatoire « Marques, imaginaires de la consommation et politique à la Fondation Jean-Jaurès » – analyse les mutations psychologiques, culturelles et économiques qui traversent nos sociétés contemporaines. Consommation, marques, quête de visibilité, épuisement existentiel, développement personnel, capitalisme émotionnel ou intelligence artificielle: il décrypte les nouvelles formes de pouvoir qui façonnent nos désirs, nos comportements et notre rapport au sens.


Pendant des décennies, la consommation a été présentée comme une promesse d’émancipation. A-t-elle aujourd’hui produit davantage de frustration que de satisfaction?

La consommation a longtemps été pensée comme un vecteur d’émancipation et cela n’était pas qu’un discours idéologique. Dans les sociétés d’après-guerre, l’accès aux biens a effectivement permis une amélioration tangible des conditions de vie: confort, autonomie, capacité de choisir, sortie relative de la nécessité. Mais cette promesse reposait sur une hypothèse implicite, à savoir que les besoins sont limités et que leur satisfaction produit une forme d’apaisement durable. Or, le capitalisme contemporain a profondément transformé cette dynamique. Il ne se contente plus de répondre à des besoins préexistants: il produit en permanence de nouveaux désirs, et surtout il organise leur relance continue.

L’abondance matérielle n’a pas supprimé la rareté: elle l’a déplacée dans l’ordre symbolique et affectif.

Le système ne promet plus guère le bonheur, il garantit la relance du désir. Dès lors, chaque acquisition ouvre un nouveau manque, ce qui crée une spirale de l’insatisfaction. L’abondance matérielle n’a pas supprimé la rareté: elle l’a déplacée dans l’ordre symbolique et affectif. La frustration n’est donc pas un échec du système, mais l’une de ses conditions de fonctionnement les plus efficaces. Si bien que nous ne manquons de rien, sauf de ce qui nous manque encore.

Les marques occupent-elles désormais une place autrefois réservée aux institutions politiques, culturelles ou spirituelles?

Nous assistons à un déplacement plus qu’à une substitution. Les grandes institutions politiques, religieuses, culturelles structuraient le monde à travers des récits relativement stables, des normes, des hiérarchies symboliques. Elles produisaient du sens, de la continuité et insinuaient une forme de verticalité. Leur affaiblissement laisse un espace que d’autres acteurs investissent. Les marques s’inscrivent dans cet interstice. Elles ne disent pas ce qui est vrai ou juste mais ce qui est désirable et valorisable. Elles distribuent des identités modulables et des appartenances souples sous forme de récits fragmentaires directement comestibles. L’institution faisait tenir le monde; la marque le rend consommable. Elle ne gouverne pas directement, mais elle oriente les imaginaires, ce qui est parfois plus efficace. Dans ce nouveau régime, nous sommes invités à adhérer en permanence à une multitude de petites croyances portatives peu engageantes qui produisent surtout du conformisme. L’adhésion devient réversible, là où la croyance impliquait une inscription plus profonde.

Les réseaux sociaux ont-ils industrialisé le narcissisme et transformé chacun de nous en “marque personnelle”?

Les réseaux sociaux ont transformé une disposition psychologique en infrastructure sociale. Le narcissisme est désormais non seulement encouragé, mais surtout mesuré et monétisé. Autrefois on avait une vie intérieure ; aujourd’hui, on a un fil d’actualité. Cela ne signifie pas la disparition de l’intériorité, mais sa transformation: elle n’existe de plus en plus qu’à force d’être mise en forme et médiatisée. Le miroir n’est plus silencieux: il est devenu interactif et il nous note en permanence. Chaque publication appelle une réaction, chaque réaction devient un indicateur. Nous ne sommes pas simplement surveillés : nous sommes engagés dans notre propre exposition. Et cette exposition est structurée par des formats, des codes, des attentes. Le sujet s’exprime, mais dans un format déjà calibré. La notion de marque personnelle traduit cette internalisation des logiques marchandes: l’individu devient un objet de valorisation, de narration et d’optimisation.

Par ailleurs, il faut se méfier des évidences. L’expression de “marque personnelle” semble aller de soi, mais elle repose sur une analogie profondément réductrice. Elle suppose que l’individu pourrait être pensé comme un produit: conçu, positionné, optimisé, promu. Or cette transposition du marketing à la personne engage une transformation beaucoup plus radicale : elle convertit une existence en unité de valeur circulante. La philosophe Hannah Arendt nous rappelle que l’être humain est un être d’apparition. Dans La Vie de l’esprit, elle insiste sur cette dimension théâtrale de l’existence: apparaître, c’est entrer dans un monde commun, se manifester aux autres, prendre place dans un espace de visibilité partagé. L’homme est extatique, exposé. Mais cette exposition n’est pas une mise en marché : elle est une condition politique. Apparaître, ce n’est pas se vendre, c’est se rendre présent parmi les autres. Le personal branding détourne cette faculté. Il ne s’agit plus d’apparaître, mais de se positionner; Il ne s’agit plus de manifestation  mais de valorisation. L’individu est sommé de calibrer son image, d’optimiser sa visibilité en en fin de compte de gérer sa réputation comme un actif. 

Le narcissisme est désormais non seulement encouragé, mais surtout mesuré et monétisé.

D’ailleurs, faut-il vraiment parler de marque? Tout ce qui est visible, suivi, reconnu n’est pas forcément une marque. La société marchande étend indéfiniment cette notion, au point de la vider de son sens. Or une marque n’est pas un profil, ni une audience. Une marque est une parole. Et une parole engage. Être une marque, au sens fort, c’est prendre position, introduire une différence, assumer un risque. C’est être auteur et pas simplement visible. À ce titre, la marque est une instance d’énonciation, pas une simple surface de projection. Elle suppose une capacité à dire quelque chose du monde, et pas seulement à s’y adapter. La marque personnelle, dans sa version dominante, est à mille lieues de cette exigence. Elle relève moins de l’énonciation que de l’ajustement. Elle produit des identités fluides, adaptables, compatibles. Elle transforme les individus en supports de communication. On pourrait dire qu’elle «yaourtise» les personnes en les transformant en substances, certes consommables, mais rarement signifiantes. La véritable alternative n’est donc pas entre visibilité et invisibilité, mais entre deux régimes de présence: devenir produit ou devenir auteur.

La quête de visibilité a-t-elle progressivement remplacé la quête de sens dans nos sociétés contemporaines?

La quête de sens est désormais médiatisée par une exigence préalable: être visible. Ce qui n’est pas visible est tout simplement disqualifié. Dans un environnement saturé d’informations et de signaux, exister suppose d’apparaître, et ce en permanence. Cette condition transforme profondément la nature du sens. Celui-ci tend à être évalué à partir de sa capacité à circuler, à produire de l’attention, à générer des formes de validation. La visibilité n’est plus un effet: c’est une condition d’existence. Le risque est alors que le sens se dissolve dans sa mise en scène, qu’il devienne dépendant de ses conditions de propagation. On ne cherche plus seulement à faire quelque chose de juste ou de vrai, mais à produire quelque chose qui puisse exister dans l’espace visible.

Le capitalisme numérique exploite-t-il désormais nos émotions et notre besoin de reconnaissance comme une matière première?

Nous assistons à une extension du domaine de l’exploitation vers des dimensions de plus en plus intimes. Après la force de travail et l’attention, ce sont désormais les émotions, les affects, le besoin de reconnaissance qui sont captés, analysés et valorisés. Nos émotions ne nous appartiennent plus tout à fait: ce sont des marchandises interchangeables qui circulent. Les plateformes numériques organisent cette circulation. Elles incitent à exprimer, à réagir, à partager. Chaque interaction devient une donnée. L’économie ne capte plus seulement ce que nous faisons, mais ce que nous ressentons. Cette mutation est majeure : elle transforme l’expérience subjective en ressource économique. Elle introduit une logique d’extraction au cœur même de la vie affective comme l’a très bien montré la sociologue Eva Illouz.

Benoît Heilbrunn est professeur à l’ESCP Business School et codirecteur de l’Observatoire « Marques, imaginaires de la consommation et politique à la Fondation Jean-Jaurès ». Il vient de publier Le poison de la reconnaissance. Quel prix payer pour être quelqu’un?  aux éditions de l’Aube.

Sommes-nous entrés dans une société de l’épuisement, où la performance est devenue une obligation existentielle permanente?

La performance est devenue une norme diffuse et transversale. Elle ne concerne plus uniquement le travail, mais s’étend à toutes les dimensions de la vie : corps, relations, loisirs, identité. L’individu est poussé à se dépasser lui-même. L’injonction n’est plus “tu dois”, mais “tu peux”. Et c’est précisément ce “tu peux” qui devient épuisant. Car il n’y a plus de limite externe, plus de point d’arrêt. L’individu est sommé d’actualiser en permanence son potentiel.

La performance est devenue une norme diffuse et transversale. Elle ne concerne plus uniquement le travail, mais s’étend à toutes les dimensions de la vie : corps, relations, loisirs, identité.

L’individu est à la fois salarié, manager et surveillant de lui-même. Il doit optimiser ses performances, mais aussi ses choix, ses émotions, ses relations, ses modes de vie. Dans ce contexte, il ne suffit plus de travailler : il faut se travailler. L’individu est sommé d’optimiser en permanence ses compétences, ses émotions, son rapport à lui-même. Cette extension indéfinie de la performance produit une fatigue spécifique. Ce n’est pas seulement une fatigue physique ou mentale, mais une fatigue existentielle. Elle tient à l’absence de dehors. Il n’y a plus de lieu où l’on puisse simplement être, sans avoir à se justifier, se positionner, se valoriser. Et c’est peut-être là le point le plus critique : lorsque la vie elle-même devient un capital à faire fructifier, il ne reste plus grand-chose qui échappe à la logique de la performance.

Le développement personnel est-il parfois devenu le supplément psychologique du capitalisme contemporain?

Le développement personnel propose des outils pour mieux se comprendre, mieux gérer ses émotions, retrouver des marges de manœuvre dans des existences souvent fragmentées. Pour beaucoup, il constitue une ressource, parfois même un point d’appui précieux dans des moments de vulnérabilité. Mais n’oublions pas qu’il s’inscrit aussi dans un contexte plus large, qu’il contribue à accompagner sans toujours le questionner. Ce qui relevait autrefois de tensions collectives (conditions de travail, rythmes de vie, incertitudes économiques) tend à être reformulé en termes individuels. Les difficultés deviennent des problèmes de gestion de soi : manque de confiance, mauvaise organisation, incapacité à lâcher prise. Le déplacement est décisif. Ce qui relevait du monde social est réinterprété comme relevant de la personne. Le système produit les tensions et propose les techniques pour les supporter. Dans cette perspective, le développement personnel peut fonctionner comme un dispositif d’ajustement. Il aide à tenir dans un environnement qui, lui, reste inchangé. Il offre des solutions locales à des problèmes structurels. Il accompagne plus qu’il ne transforme.

Le développement personnel peut aussi être l’occasion d’un déplacement plus critique: non pas seulement apprendre à mieux s’adapter, mais à mieux comprendre ce qui nous traverse, ce qui nous affecte, ce qui nous dépasse.

On pourrait même dire qu’il prolonge une évolution plus générale: celle d’un monde où l’individu devient responsable de son propre équilibre. Il ne suffit plus de travailler, il faut apprendre à se réguler, à se motiver, à se réinventer. Le rapport à soi devient un chantier permanent. Le risque, dans ce cadre, est de transformer toute difficulté en défaut personnel. Si je n’y arrive pas, c’est que je m’y prends mal ou que je ne dispose pas des bons outils. Cette logique renforce un sentiment d’insuffisance, parfois même de culpabilité. Elle tend surtout à effacer les contraintes extérieures en les internalisant. Le problème n’est plus dans les conditions, mais dans la personne. C’est là que le dispositif devient pernicieux. Car plus les causes sont invisibilisées, plus les solutions semblent devoir être cherchées du côté de soi. C’est précisément ce qui ouvre un espace à la prolifération des gourous et des recettes toutes faites.

Cela dit, le développement personnel n’est pas condamné à jouer ce rôle. Il peut aussi être l’occasion d’un déplacement plus critique: non pas seulement apprendre à mieux s’adapter, mais à mieux comprendre ce qui nous traverse, ce qui nous affecte, ce qui nous dépasse. Il peut ouvrir un espace de réflexion sur nos conditions d’existence, et pas seulement sur notre manière d’y répondre. Tout dépend, au fond, de ce que l’on en fait. S’il devient un outil d’optimisation de soi au service de normes implicites, il renforce le système. S’il devient un moyen de reprendre prise sur sa propre expérience, il peut au contraire introduire une distance, une lucidité, voire une forme de résistance.

Pourquoi les jeunes générations, pourtant critiques du système économique, restent-elles fascinées par les marques de luxe et les signes de distinction sociale?

Cette tension est constitutive de notre époque. Les jeunes générations sont souvent très conscientes des limites du système économique, mais elles évoluent dans un univers où les repères sont fragiles et les trajectoires incertaines.

Le désir de luxe est moins un désir d’opulence qu’un désir de reconnaissance stabilisée. 

Dans ce contexte, les marques de luxe offrent des points d’ancrage symboliques. Elles permettent de se situer, de rendre visible une position, de produire de la reconnaissance dans un monde où celle-ci est incertaine. Le luxe ne vend pas seulement des objets, mais des signes, des écarts, des hiérarchies lisibles. Le désir de luxe est moins un désir d’opulence qu’un désir de reconnaissance stabilisée. 

L’intelligence artificielle comprend-elle réellement nos désirs… ou contribue-t-elle à les fabriquer et à les standardiser?

L’intelligence artificielle ne comprend pas les désirs au sens humain. Elle ne fait pas l’expérience du manque, de l’ambivalence, de l’inconscient. Elle identifie des régularités, des corrélations, des patterns. Mais en faisant cela, elle ne se contente pas de refléter les préférences : elle les oriente. Les systèmes de recommandation renforcent ce qui est déjà majoritaire, rendent plus visibles certaines options, en invisibilisent d’autres. Ce qui est proposé tend à devenir désirable. Il y a là une boucle de rétroaction. À force de prédire nos choix, on finit par les suivre. L’IA ne comprend pas nos désirs, elle contribue à les stabiliser, à les rendre compatibles avec des logiques de calcul et de prévisibilité.

Vivons-nous avant tout une crise économique… ou une crise du sens et de la reconnaissance?

Les crises économiques sont les plus visibles, mais elles s’inscrivent dans des crises plus profondes. Beaucoup d’individus éprouvent une difficulté à se situer, à comprendre les logiques qui organisent leur existence, à se sentir reconnus à la hauteur de leur engagement. Cette crise du sens et de la reconnaissance est diffuse, mais structurante. Elle affecte la manière dont les individus se projettent, s’engagent, se relient aux autres. Les indicateurs économiques peuvent s’améliorer sans que ce malaise disparaisse. Cela montre que la question n’est pas seulement matérielle, mais symbolique et existentielle.

Qu’est-ce qui vous inquiète le plus dans les mutations actuelles de nos sociétés?

Ce qui m’inquiète, c’est la combinaison de transformations rapides et profondes avec une relative absence de délibération collective. Des logiques technologiques et économiques redéfinissent nos manières de vivre, souvent sans être véritablement discutées. Ces transformations s’imposent à bas bruit, sous couvert d’innovation, d’efficacité, de fluidité. Le risque est celui d’une adaptation généralisée à des cadres que nous n’avons pas choisis. Nous intégrons progressivement des normes qui redéfinissent nos manières de travailler, de nous relier, de nous percevoir.

À l’inverse, qu’est-ce qui vous semble porteur d’espoir?

Ce qui est porteur d’espoir, paradoxalement, c’est d’abord que ces transformations suscitent des réactions. Elles ne laissent pas indifférent. Des formes de critique émergent, des résistances se développent et les expérimentations pullulent.

Là où l’espoir projette, l’espérance agit.

On voit se multiplier des initiatives autour des communs, de la sobriété, de la coopération, qui témoignent d’une volonté de réinventer des cadres plus soutenables. Mais il faut aussi se méfier de l’espoir lui-même. Le monde de l’entreprise en a fait un carburant permanent: espoir d’évolution, de reconnaissance, de sens. Or l’espoir, au fond, n’est qu’une attente. Il projette vers un futur hypothétique suspendu à des promesses. Il permet souvent de ne pas changer maintenant. On n’améliore pas les conditions, on promet qu’elles s’amélioreront. L’espoir est souvent une manière de différer les décisions sans les affronter. Face à cela, je miserais davantage sur l’espérance. L’espérance n’attend pas que le réel se transforme, elle s’y engage sans garantie. Elle ne dépend pas d’un plan ni d’une promesse, mais d’une exigence intérieure. Là où l’espoir projette, l’espérance agit. Et c’est peut-être là que se situe aujourd’hui la véritable source d’espoir: dans cette capacité à ne pas attendre que les conditions soient réunies pour commencer à faire autrement. Non pas croire que tout ira mieux, mais décider que quelque chose doit changer, ici et maintenant.

Et si la reconnaissance, loin de nous émanciper, était devenue le poison le plus subtil du capitalisme contemporain ? Ce qui est désormais un diktat – dans une course effrénée aux likes, aux followers, au personal branding – nous enferme dans une spirale infinie de validation sociale, nous transforme en marchandise, alimente l’envie et la rivalité, et génère une souffrance sans fin. Démontant les ressorts de ce phénomène, cet essai critique, philosophique et sociologique analyse les différentes facettes d’une quête devenue le moteur du capitalisme, et invite à réapprendre à exister sans tomber dans ce piège.


À propos de la Fondation Jean-Jaurès

La Fondation Jean-Jaurès est l’un des principaux laboratoires d’idées français. Créée en 1992, elle porte le nom de Jean Jaurès et s’inscrit dans une tradition républicaine, européenne et social-démocrate.

La fondation produit des analyses sur les grandes mutations contemporaines: économie, démocratie, géopolitique, médias, intelligence artificielle, écologie ou encore transformations culturelles. À travers ses études, conférences et publications, elle participe activement au débat public français et européen.

Référence dans le paysage intellectuel francophone, elle réunit chercheurs, universitaires, journalistes et décideurs autour d’une réflexion tournée vers les enjeux de société et les évolutions du monde contemporain.

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