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L’inflation US percute les marchés

  • Jean-Marc Sabet
  • 18 mai 2026
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La semaine qui vient de s’achever restera marquée par un retour brutal des craintes inflationnistes aux Etats-Unis, une escalade rhétorique persistante entre Washington et Téhéran, et un sommet Trump-Xi à Pékin dont le bilan reste en demi-teinte. Le dollar a progressé chaque jour de la semaine, les rendements obligataires ont bondi à des sommets annuels et les métaux précieux ont subi un violent décrochage. La géopolitique et l’inflation forment désormais un tandem qui dicte sa loi à l’ensemble des classes d’actifs.


Le fait dominant : l’inflation américaine accélère franchement

Le CPI d’avril, publié mardi, a donné le ton. Le headline s’est inscrit à 3,8% en glissement annuel (contre 3,3% en mars), tandis que le core CPI a accéléré à 2,8% (contre 2,6%), porté par une hausse mensuelle de 0,4% bien au-dessus du consensus de 0,3%. Plus inquiétant encore, l’inflation des services a repris de l’altitude, avec un supercore à 3,4%, confirmant que les pressions ne se limitent plus au seul choc énergétique.

Mercredi, le PPI est venu enfoncer le clou : +6,0% en annuel (consensus 4,9%), la plus forte progression depuis près de quatre ans. Le core PPI a bondi à 5,2%, et la mesure hors alimentation, énergie et commerce a grimpé à 4,4%. Oxford Economics estime désormais le PCE d’avril à 3,8% en annuel, soit le rythme le plus chaud depuis mai 2023.

Les prix à l’importation ont amplifié le message jeudi (+1,9% mensuel), avec une flambée de 16,3% des importations de carburants, la plus forte depuis l’invasion de l’Ukraine en mars 2022.

La conséquence est immédiate sur les anticipations de politique monétaire : le marché a totalement abandonné l’idée de baisses de taux en 2026, et attribue désormais une probabilité de 60% à une hausse de 25 bps d’ici décembre. Morgan Stanley a repoussé ses prévisions de première baisse à mars 2027. UBS vise désormais une unique coupe en décembre 2026. Le mandat de Jerome Powell a expiré le 15 mai ; Kevin Warsh, confirmé par le Sénat cette semaine, prend les rênes de la Fed dans un contexte de divergence interne croissante sur le biais de politique monétaire.

Géopolitique : l’impasse US-Iran et le sommet de Pékin

Le détroit d’Hormuz reste effectivement fermé. L’AIE a averti que les flux de brut et de produits raffinés ont chuté de 4 millions de barils par jour en mars-avril, et que le marché pétrolier pourrait rester matériellement sous-approvisionné jusqu’en octobre, même en cas de résolution rapide du conflit.

La semaine a commencé par le rejet par Trump de la proposition de paix iranienne, qualifiée de « totalement inacceptable ». L’Iran a posé cinq préconditions au retour aux négociations, dont la reconnaissance de sa souveraineté sur Hormuz et des compensations pour les dommages de guerre, conditions que Washington considère comme inacceptables. Téhéran a également brandi la menace d’un enrichissement à 90%, tandis que des sous-marins iraniens ont été déployés dans le détroit.

Le sommet Trump-Xi à Pékin (jeudi-vendredi) s’est achevé sur un ton constructif mais sans percée réelle. Les deux présidents ont convenu que le détroit devait rester ouvert. Xi a confirmé ne pas fournir d’équipement militaire à l’Iran. Des accords commerciaux ont été annoncés (200 avions Boeing, reprise des ventes de puces H200 de Nvidia à des entreprises chinoises), mais Taïwan reste un point de friction non résolu. En coulisses, l’administration Trump continue d’évaluer des options d’escalade militaire, avec une possible reprise des frappes à son retour de Chine.

Le franc suisse : sous pression du choc énergétique

Le franc a souffert de son statut d’importateur net d’énergie, un thème récurrent depuis le début du conflit. L’USD/CHF a progressé de manière continue, passant de la zone 0,7795 lundi à environ 0,7870 en fin de semaine, le dollar bénéficiant à la fois du différentiel de taux croissant et du repricing hawkish de la Fed.

L’EUR/CHF est resté confiné dans un corridor étroit entre 0,9140 et 0,9180, illustrant un marché qui ne parvient pas à trancher entre la faiblesse relative de l’euro (zone en quasi-stagnation, PIB T1 confirmé à +0,1% trimestriel) et celle du franc (vulnérabilité énergétique, BNS à taux zéro). La BCE se prépare à un relèvement en juin, avec des dissensions internes croissantes. Nagel évoque un scénario de base de deux hausses cette année ; Kocher juge un 50 bps peu probable mais n’exclut pas un premier geste dès juin.

Le PIB suisse du T1 sera publié lundi prochain et constituera un test important pour évaluer l’impact du choc pétrolier sur l’économie réelle helvétique.

EUR/USD : le dollar en embuscade

L’EUR/USD a reculé de manière ordonnée tout au long de la semaine, passant d’environ 1,1750 lundi à 1,1640 vendredi, plombé par le différentiel d’inflation et le repricing de la Fed. Le DXY a franchi ses moyennes mobiles à 100 et 200 jours autour de 98,50, terminant la semaine au-dessus de 99.

L’indice ZEW allemand a surpris positivement (attentes à -10,2 contre -17,2 précédemment), mais le signal a été noyé par les dynamiques globales. La production industrielle de la zone euro est restée négative en annuel (-2,1%), et l’emploi ne progresse quasiment plus (+0,1% trimestriel). L’Allemagne s’attend à un ralentissement marqué du PIB au T2.

Le prochain catalyseur pour la paire sera l’inflation finale de la zone euro d’avril (attendue à 3,0% en headline) et les PMI flash de mai jeudi, qui donneront une première lecture de l’activité post-choc énergétique.

USD/JPY : le yen pris en étau

Le yen a été le grand perdant de la semaine parmi les devises du G10, malgré des signaux hawkish de la BoJ. L’USD/JPY a progressé de 157,15 lundi à 158,70 vendredi, approchant le seuil de 160 qui avait déclenché des interventions dans le passé.

Le Summary of Opinions de la BoJ a révélé un biais clairement restrictif, avec plusieurs membres plaidant pour une hausse dès juin. Le gouverneur adjoint Masu a même appelé à relever les taux « le plus tôt possible », ce qui porterait théoriquement le vote à 5-4 en faveur d’un durcissement. Le rendement du JGB 10 ans a atteint 2,70%, un plus haut depuis 1997.

Malgré cela, le différentiel de taux et le statut d’importateur net d’énergie du Japon continuent de peser sur la devise. Plusieurs épisodes de volatilité brutale (chutes de 85-90 pips en quelques minutes) ont alimenté les spéculations d’intervention ou de « rate check » par le ministère des Finances, sans confirmation officielle. Le secrétaire au Trésor Bessent a rencontré la PM Takaichi mardi, réaffirmant que la volatilité des changes est indésirable pour les deux parties.

GBP/USD : le chaos politique britannique

La livre a subi un double choc : la remontée globale des taux (qui normalement la soutient) n’a pas compensé la crise politique qui ébranle le parti travailliste. Le Cable a décroché de 1,3580 lundi à 1,3325 vendredi, et le Gilt 10 ans a atteint un pic annuel à 5,17%, des niveaux inédits depuis 2008.

Le premier ministre Starmer fait face à une pression croissante : plus de 81 députés Labour réclament son départ, le ministre de la Santé Streeting a démissionné jeudi pour potentiellement lancer un défi au leadership, et le maire de Manchester Burnham manoeuvre pour revenir au Parlement en vue de briguer la direction du parti. Un sondage du FT auprès de gérants de fonds désigne Burnham comme le candidat le moins favorable aux marchés, en raison de son orientation plus à gauche.

MUFG maintient sa position vendeuse sur la livre, projetant un EUR/GBP à 0,8850 d’ici fin 2026, avec un potentiel vers 0,9000 en cas de changement de leadership et de virage à gauche de la politique budgétaire.

Pétrole et matières premières : le brut à 109 $, l’or en chute libre

Le Brent a bondi de 8,1% sur la semaine pour clôturer à 109,26 $/bbl, porté par la fermeture effective d’Hormuz et l’absence de progrès diplomatique. Le WTI a terminé à 105,42 $, en hausse de 11% sur la semaine. L’Aramco a confirmé pouvoir atteindre 12 millions de bpd en trois semaines si nécessaire, tout en avertissant que même une réouverture immédiate d’Hormuz ne rééquilibrerait pas le marché avant 2027.

A l’inverse, l’or a connu sa pire semaine depuis le début du conflit, chutant d’environ 4% pour s’établir autour de 4 548 $/oz. L’argent a plongé de plus de 10% à 77,52 $. La hausse des taux réels américains, alimentée par les données d’inflation brûlantes et l’évaporation des anticipations de baisses de la Fed, a mécaniquement réduit l’attrait du métal jaune. Le ratio or/argent s’est brutalement élargi à 58,9 contre 53,6 la veille, signe d’un stress particulier sur l’argent dans sa composante industrielle.


Perspectives pour la semaine du 18 au 22 mai

La semaine à venir sera chargée en événements à surveiller. Les minutes du FOMC d’avril (mercredi) seront scrutées pour évaluer l’ampleur du virage hawkish au sein du comité, notamment les discussions autour de l’abandon du biais accommodant et les perspectives de hausse. Les résultats de Nvidia (mercredi) constitueront un test majeur pour le secteur tech et le sentiment de marché, dans un contexte où l’IA reste le principal moteur de surperformance des indices américains.

Sur le front macro, l’inflation britannique d’avril (mercredi) sera déterminante pour la trajectoire de la BoE, tandis que les PMI flash de mai (jeudi) donneront le pouls de l’activité mondiale en temps réel. L’inflation japonaise de vendredi sera la dernière donnée majeure avant la réunion de la BoJ en juin, où un relèvement est de plus en plus probable.

Le PIB suisse du T1 (lundi) et l’inflation canadienne (mardi) complètent un calendrier dense. Mais c’est surtout le retour de Trump aux Etats-Unis et les éventuelles décisions sur la reprise des opérations militaires contre l’Iran qui constitueront le risque binaire dominant pour tous les marchés.

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