No Result
Voir tous les résultats
market
  • Finance privée
  • Business
  • Culture & tendances
  • Responsabilité & impact
  • Gouvernance & leadership
  • Talents & recrutement
  • Références & dossiers
chroniques
  • Finance privée
  • Business
  • Culture & tendances
  • Responsabilité & impact
  • Gouvernance & leadership
  • Talents & recrutement
  • Références & dossiers
chroniques
  • Finance privée
  • Business
  • Culture & tendances
  • Responsabilité & impact
  • Gouvernance & leadership
  • Talents & recrutement
  • Références & dossiers

Le temps comme avantage concurrentiel

  • Iris Desforges
  • 1 octobre 2026
Partager sur LinkedinEnvoyer par Email

Warren Buffett vient de quitter la présidence de Berkshire Hathaway à 96 ans. Son fils Howard lui succède à la tête du conseil d’administration, tandis que Greg Abel dirige le groupe. Après plus de soixante ans, la trajectoire de Buffett rappelle surtout combien le temps a compté dans sa manière d’investir.

En 1965, Warren Buffett prend le contrôle de Berkshire Hathaway, une entreprise textile du Massachusetts confrontée au déclin de l’industrie américaine. Il dira plus tard que cet investissement fut l’une de ses erreurs. Il avait acheté une entreprise bon marché dans un mauvais secteur.

Soixante et un ans plus tard, Berkshire Hathaway pèse plus de 1 000 milliards de dollars en Bourse.

Entre-temps, Buffett a progressivement abandonné le textile, définitivement fermé en 1985, pour faire de Berkshire un véhicule d’investissement. Assurance, industrie, énergie, transport, distribution, participations dans de grandes sociétés cotées : GEICO, BNSF, Coca-Cola, American Express ou Apple ont, à des périodes différentes, constitué quelques-unes des pièces les plus visibles de cet ensemble.

La méthode Buffett est commentée depuis des décennies : acheter des entreprises solides à un prix raisonnable, comprendre leur activité, évaluer la qualité de leur management et rechercher des avantages concurrentiels suffisamment durables.

À cela s’ajoute une condition assez simple : avoir du temps devant soi.

Buffett a bénéficié du rendement composé sur une durée exceptionnelle. Il a surtout organisé Berkshire de manière à pouvoir conserver des participations pendant des années, parfois des décennies, sans être contraint de multiplier les opérations.

Cette façon de travailler tranche avec une culture entrepreneuriale qui mesure volontiers la réussite à la vitesse. Temps de mise sur le marché, croissance, levées de fonds, adoption, changement d’échelle : beaucoup de performances sont désormais évaluées en mois. Le vocabulaire des start-up a poussé assez loin cette logique. Il faut trouver le bon hack, accélérer l’acquisition, raccourcir les cycles et obtenir rapidement la preuve que le modèle fonctionne.

Buffett a passé une grande partie de sa carrière à étudier des entreprises sans nécessairement les acheter. Il a parfois conservé d’énormes quantités de liquidités plutôt que d’investir à des conditions qu’il jugeait mauvaises. Certaines participations sont restées au portefeuille pendant plusieurs décennies. Berkshire possède des actions Coca-Cola depuis 1988 et American Express depuis les années 1990.

Attendre, dans ces conditions, n’est d’ailleurs pas toujours confortable. Il faut accepter de voir passer des opportunités, parfois des modes entières, et regarder d’autres investisseurs gagner davantage pendant un temps. Buffett a régulièrement été jugé trop prudent, trop liquide ou dépassé lorsqu’il refusait de suivre certains emballements du marché.

Mais cette patience n’aurait pas eu les mêmes effets sans la structure financière de Berkshire.

Le float de ses activités d’assurance — les primes encaissées avant le paiement futur des sinistres — lui a fourni pendant des décennies d’importants capitaux à investir. À cela s’ajoutent une structure de groupe très décentralisée et un actionnariat habitué à raisonner sur des périodes longues. Buffett disposait ainsi d’une liberté dont peu de dirigeants ou de gérants bénéficient.

Le temps n’était donc pas seulement une vertu personnelle. Il faisait partie du modèle économique.

La succession préparée chez Berkshire répond à la même logique. Howard Buffett, qui vient de prendre la présidence du conseil, y siège depuis 1993. Il ne dirigera pas les opérations : cette fonction appartient à Greg Abel, entré dans l’univers Berkshire en 2000 et identifié depuis plusieurs années comme le successeur de Warren Buffett.

Howard Buffett aura notamment pour fonction de préserver la culture du groupe. Plus de trente ans se seront écoulés entre son entrée au conseil et sa nomination à sa présidence.

À 96 ans, Warren Buffett ne quitte d’ailleurs pas complètement Berkshire. Devenu président émérite, il reste administrateur et continuera d’apporter son regard au groupe.

Dans le communiqué annonçant ce passage de témoin, il constate : « Father Time always wins. »

Après soixante et un ans à la tête de Berkshire, il était bien placé pour le savoir.

Plus de chroniques

L’Europe peut-elle se passer de gestion active?

by Maxime Carmignac - Carmignac UK
21 septembre 2026

Une autre idée de l’été

Géographie japonaise à grande vitesse

by Alexandre Mauron - MIRARI
15 septembre 2026

Quand tout va bien, la relève peut attendre

by Edouard Gueudet
28 septembre 2026

La mémoire des grands hôtels

by Alexandre Mauron - MIRARI
22 septembre 2026

Share41Send

market est un média éco-financier premium (print & online) qui s’impose en Suisse romande comme un espace de réflexion, d’analyse et de mise en relation entre les High Net Worth Individuals (HNWI) et les acteurs qui façonnent la gestion, la structuration et la transmission des patrimoines. S’adressant à plus de 40’000 contribuables privés disposant d’un patrimoine supérieur à CHF 1 million, market dépasse la simple information financière pour proposer un regard stratégique, nourri par l’analyse, le décryptage des enjeux économiques contemporains, mais aussi la parole directe de décideurs, entrepreneurs, investisseurs et prescripteurs d’influence. À la croisée de l’économie réelle, de la finance, du droit, de l’investissement, de le la culture et du lifestyle à forte valeur patrimoniale, market accompagne ses lecteurs dans leurs choix structurants, en privilégiant des contenus à forte valeur ajoutée, concrets, prospectifs et incarnés.

MÉDIAKIT 2026
  • info@market.ch
Tous droits réservés ©ALETHEIA PUBLISHING - 2025
No Result
Voir tous les résultats
  • Finance privée
  • Business
  • Culture & tendances
  • Responsabilité & impact
  • Gouvernance & leadership
  • Talents & recrutement
  • Références & dossiers
chroniques Chronique(s)