Face à l’euro : deux moteurs
Lundi et mercredi, le franc a fait partie des devises à la traîne, pénalisé par l’écart de taux : le SARON reste à -0.04% et la Confédération à 10 ans rapporte environ 0.54%. L’EUR/CHF a culminé à 0.9487, sans parvenir à franchir 0.9500. Jeudi, le mouvement s’est inversé sous l’effet de deux forces. Côté euro, le budget français et la menace sur le diesel. Côté franc, la détente des rendements mondiaux et une demande de refuge européenne liée aux inquiétudes sur l’approvisionnement en diesel. Le cross est descendu jusqu’à 0.9260, sous sa clôture de fin août (0.9373), avant de terminer à 0.9320, soit -1.18% sur la semaine. Le plus bas de 0.9260 devient le support à surveiller, le plus haut de 0.9487 la résistance.
Face au dollar : un aller-retour complet
Le USD/CHF a culminé à 0.8383, porté par les rendements américains, avant de refluer avec le recul des paris sur la Fed, puis avec la demande de refuge de jeudi. Touché à 0.8228 au plus bas, il clôture à 0.8284, pratiquement inchangé (+0.01%).
Synthèse : la BNS garde de la marge
Jeudi et vendredi, le franc a figuré parmi les devises les plus fermes du G10. Les fondamentaux suisses restent solides : l’inflation de septembre est stable à 1.0% sur un an (sous-jacent à 0.5%), au milieu de la bande cible de 0 à 2%, et l’institut KOF a relevé sa prévision de croissance 2026 à 1.9%. Le président de la BNS, Martin Schlegel, juge la situation de l’institution confortable au vu d’anticipations d’inflation modérées, avec un taux directeur maintenu à 0%. La BNS a acheté pour 1.4 milliard de francs de devises sur le dernier trimestre publié, contre 3.94 milliards le trimestre précédent. La rechute de l’EUR/CHF jeudi rappelle que ce répit reste fragile.
Fed : octobre s’éloigne, le dollar tient
Lundi, les marchés pricaient encore à près de 70% une hausse de 25 points de base fin octobre. Mardi, le vice-président du FOMC, patron de la Fed de New York, a jugé qu’il n’y avait aucune urgence après la hausse de septembre ; jeudi, le vice-président de la Fed a tenu le même discours. Les données ont suivi : PCE sous-jacent à 3.0% (3.3% attendu), confiance des consommateurs à 81.9 (89.2 attendu) et, vendredi, seulement 29’000 créations d’emplois en septembre contre 90’000 attendues, avec un chômage remonté à 4.2%. La probabilité d’une hausse en octobre est tombée à 16%, même si la présidente de la Fed de Dallas réclame encore au moins 50 points de base de hausses.
Le dollar n’en a guère souffert. Le Dollar Index a culminé à 102.01 et clôture à 101.64 (+0.88%), sa troisième hausse hebdomadaire consécutive. Le 2 ans américain recule d’environ 3 points de base à 4.83%, mais le 10 ans gagne plus de 11 points de base à 5.28% : l’avantage de rendement du billet vert reste intact. L’inflation américaine du 14 octobre tranchera.
Perspectives : Paris et la Fed sous surveillance
Côté français, le solde budgétaire à fin août (mardi, -145.9 milliards d’euros précédemment) sera scruté, aux côtés du PMI final des services (lundi, 51.4 attendu), de la production industrielle (mardi) et de la balance commerciale (mercredi). Dimanche, premier tour de la présidentielle brésilienne et réunion de l’OPEP+. Lundi, l’ISM des services américain (55.7 attendu). Mardi, le taux de chômage suisse de septembre (3.0% précédemment). Mercredi, les minutes du FOMC ; jeudi, celles de la BCE, lues à l’aune d’une possible hausse en octobre. Vendredi, l’emploi canadien et la confiance des consommateurs du Michigan. Le Trésor américain adjugera par ailleurs 119 milliards USD de titres à 3, 10 et 30 ans.
Au-delà, l’inflation américaine du 14 octobre et la réunion de la BoJ du 30 octobre structureront la suite du mois.



