
Le 19 mai 2026 à New York, Christie’s a créé l’événement avec la vente de Number 7A, 1948 de Jackson Pollock, adjugé 181,2 millions de dollars frais compris, établissant un record absolu pour l’artiste et devenant l’une des œuvres les plus chères jamais vendues aux enchères.
Cette toile monumentale issue de la collection S.I. Newhouse illustre parfaitement le retour en force des œuvres dites “trophy works”: des pièces rares, muséales, à provenance irréprochable, capables d’attirer les ultra-collectionneurs malgré un marché plus sélectif depuis deux ans.
Le résultat est spectaculaire pour plusieurs raisons:
- Le précédent record public de Pollock était d’environ 61 millions de dollars.
- L’œuvre dépasse désormais certaines ventes historiques de Mark Rothko ou Pablo Picasso sur le marché contemporain.
- Selon ARTnews, il s’agirait de la quatrième œuvre la plus chère jamais vendue aux enchères.
Cette vacation new-yorkaise confirme aussi une tendance forte du marché 2025-2026: la concentration de la valeur sur des chefs-d’œuvre irréprochables tandis que les œuvres secondaires restent beaucoup plus difficiles à vendre. On assiste à une bipolarisation du marché:
- D’un côté, les pièces muséales atteignent des montants historiques.
- De l’autre, les œuvres intermédiaires subissent davantage de prudence de la part des acheteurs.
La soirée a également vu des records pour:
- Constantin Brancusi avec Danaïde à 107,6 M$ ;
- Mark Rothko avec No. 15 (Two Greens and Red Stripe) à 98,4 M$ ;
- Joan Miró avec Portrait de Madame K. à 53,5 M$.
Pour les observateurs du marché, ce type de résultat est un indicateur fort: malgré les tensions géopolitiques et économiques, les grandes fortunes internationales continuent de considérer les chefs-d’œuvre historiques comme des actifs de prestige et de protection patrimoniale. Pollock demeure ainsi l’un des piliers absolus de l’expressionnisme abstrait américain, au même titre que Rothko ou de Kooning.




